Tempête Nils : la résilience d'une palombière landaise dévastée
Palombière landaise dévastée par Nils, la résilience des passionnés

Une palombière historique dévastée par les éléments

Nichée à la frontière entre Classun et Renung, cette palombière reprise par plusieurs amis en 1987 a subi de graves dommages lors du passage de la récente tempête Nils. Un véritable crève-cœur pour ces passionnés de chasse au filet qui ont cependant choisi de se retrousser les manches plutôt que de baisser les bras.

Une nuit courte et des dégâts considérables

La nuit du mercredi 11 au jeudi 12 février 2026 est restée dans les mémoires de Patrick Bancon, ancien éleveur de vaches laitières Prim'Holstein désormais « presque » retraité. Dès l'aube, il s'est rendu sur les lieux pour constater l'étendue des dégâts. « Il avait tellement plu avant, on savait qu'il y aurait des dégâts », confie-t-il, ajoutant qu'il avait déjà repéré de loin les cimes d'arbres manquantes.

Sur place, le spectacle était désolant : un enchevêtrement de pins à terre, certains pris dans les branches des chênes, et deux pins directement tombés sur « la cabane », décrite comme le QG de la palombière. Ce lieu de vie contenait un bar, des décorations, une cuisinière, ainsi que des posters du Stade Montois Rugby et de la Section Paloise toujours accrochés aux murs, mais la structure elle-même était gravement endommagée.

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Sur les presque 3 hectares que couvre la palombière, entre 40 et 50 pins ainsi qu'un chêne ont été frappés de plein fouet par les vents violents. « Le passionné est résilient », affirme Patrick Bancon, même si avec ses compagnons, ils ont bien failli renoncer face à l'ampleur des destructions.

Bien plus qu'un simple lieu de chasse

« C'était à pleurer », avoue Patrick Bazaillacq. « Parce qu'ici, il n'y a pas que la chasse, il y a tout le vécu, aussi. Mes filles, ma femme, tout notre entourage nous a demandé s'il y avait des dégâts parce qu'ils savent que nous sommes passionnés. Pour moi, la palombière, c'est aussi le souvenir de mes oncles, de mon grand-père, de mon père qui y allaient, ce sont des réunions de famille. »

Depuis le poste d'observation de la cabane - miraculeusement toujours debout - d'où les filets sont commandés, Patrick Bazaillacq, fidèle supporter de la Section Paloise, explique : « Quand on s'assoit sur ce banc, là, on a le temps de se dire des choses, parfois même avec des très proches. » Même avec son frère, pourtant quasi-voisin au quotidien, les discussions profondes surviennent souvent dans ce cadre naturel, juste avant de « poser un vol ».

La mobilisation des passionnés

Depuis que les conditions le permettent, chaque jeudi, les propriétaires se retrouvent sur place pour travailler. Patrick Bancon, qui habite à proximité, Patrick Bazaillacq, tout juste retraité et venant de Jurançon, et Jacky Dauga, 83 ans, charpentier à la retraite et homme à tout faire de la palombière, s'affairent au milieu des pins tombés comme des mikados.

Les travaux sont nombreux : retirer les câbles des arbres, sortir les éléments endommagés de la cabane, et imaginer comment reconstruire à partir de ce champ de ruines. Ce jeudi 12 mars, ils terminaient les derniers préparatifs avant l'arrivée - espérée rapide - d'une entreprise de bois pour débarder et élaguer, une denrée rare dans les Landes juste après une tempête.

Une histoire qui remonte à 1987

Patrick Bancon a découvert ce lieu grâce à son père et leur passion commune pour la recherche de cèpes. « Je chassais ailleurs et je voulais monter ma palombière. Mon père cherchait des champignons par ici et il a discuté avec le propriétaire de la palombière. Il lui a dit : 'Dis à ton fils qu'il vienne, moi j'en ai marre, je suis tout seul ici' », raconte-t-il.

En 1987, il s'installe donc sur les lieux, prend les petits pins et les chênes, tandis que son ami Thierry achète une autre partie de pins. Patrick Bazaillacq les rejoint en 2008, créant ainsi un trio de passionnés unis par leur amour pour cette pratique traditionnelle.

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Ce n'est pas la première fois que la palombière fait face aux éléments. Déjà en 2009, la tempête Klaus avait chahuté les installations, faisant tomber des pins et créant « beaucoup de couloirs ». Ils avaient alors procédé à un important réaménagement. « La palombière, c'est un éternel travail, il y a toujours quelque chose à améliorer », reconnaît Patrick Bancon.

La reconstruction et l'espoir

Au milieu des pins tombés, Jacky Dauga, dans son éternelle combinaison de travail, ne perd jamais son sourire. Les trois hommes dessouchent, coupent, entassent - les travaux ne manquent pas pour remettre la palombière sur pied.

« Ici, on invite beaucoup de monde, on a envie de partager notre passion. Alors chaque année, on a des groupes d'amis qui viennent passer une journée. Ce sont les premiers à vouloir nous aider », se réjouit Patrick Bancon.

Une journée « fougères » est déjà prévue avec le renfort de ces bénévoles improvisés, car il faut cacher tous les tunnels et autres installations pour qu'ils se fondent parfaitement dans la nature. « On espère être prêts pour le passage », rêvent les trois hommes, qui confient en souriant être « bien sous la douche du passage Bazas-Villeneuve ».

Rendez-vous est pris pour le 15 octobre 2026, date à laquelle ils espèrent pouvoir accueillir à nouveau les vols de palombes dans leur palombière restaurée.