Orthez : les riverains relancent la bataille pour une rocade sud avant les municipales
Orthez : la bataille pour la rocade sud relancée avant les municipales

Orthez : la question récurrente de la rocade sud ressurgit avant les municipales

Depuis des décennies, à chaque élection municipale, le débat sur la nécessité de rocades pour soulager le centre-ville d'Orthez du trafic de transit revient inlassablement sur le devant de la scène. Aujourd'hui, les riverains du sud de la ville reprennent le flambeau et interpellent directement les candidats aux prochaines élections.

Une association dissoute qui renaît de ses cendres

Lassés par l'inaction persistante des collectivités locales concernant la réalisation du barreau sud, les membres de l'association Orthez-Sud avaient décidé de se dissoudre en février 2024 après deux décennies de lobbying infructueux. Mais à l'approche d'un nouveau scrutin municipal, ces Orthéziens déterminés ont reconstitué une amicale avec pour objectif principal d'interroger les candidats sur leurs engagements.

L'ancien président Jean-Bernard Piet reste leur chef de file naturel, tandis que Jean-Pierre Chalaron, ancien membre du bureau d'Aros, a quant à lui rejoint la liste de Benjamin Moutet. Cette nouvelle amicale propose un tracé précis de 5,4 kilomètres reliant Sarpourenx à Loubieng via les routes départementales D9 et D100.

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Une question simple mais cruciale

La question posée aux candidats est d'une simplicité apparente mais chargée de sens : « Réaliserez-vous les études préalables à la construction de ce barreau, dont nous avons estimé le coût à 100 000 euros ? » Comme pour le barreau centre, cette rocade au sud d'Orthez relève de la compétence du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques.

Isabelle Antier, conseillère départementale du canton, avait pourtant qualifié ce contournement sud d'« éminemment indispensable » lors de l'assemblée générale d'Aros en novembre 2022. Indispensable certes, mais toujours absent des budgets départementaux, créant une frustration croissante parmi les habitants.

La bataille des barreaux : entre promesses et réalités budgétaires

Isabelle Antier avait précisé que, compte tenu des contraintes financières de sa collectivité, les études du barreau sud ne seraient pas engagées avant la fin des travaux du demi-échangeur de la Virginie et du barreau centre aux Soarns. À l'époque, ce contournement attendu depuis les années 1980 était annoncé pour 2026.

Un chantier estimé à 7,2 millions d'euros auquel la municipalité d'Emmanuel Hanon avait accepté de participer à hauteur de 1,5 million d'euros, rejoint par les commerçants des Soarns qui apportaient 300 000 euros supplémentaires. Pourtant, depuis ces annonces, aucun bulldozer n'a fait son apparition aux Soarns et les difficultés financières du Département se sont encore aggravées.

Lors du vote du budget départemental 2026, les Orthéziens ont appris par la presse locale qu'aucune ligne budgétaire n'était prévue pour ce barreau centre. Aujourd'hui, tous les candidats promettent de faire pression sur le Département pour qu'il honore ses engagements concernant le contournement par les Soarns.

Les propositions des candidats face à l'urgence

Dans l'attente de ces réalisations, les riverains du sud souhaitent que les études préalables à leur rocade soient financées par la commune pour ne pas perdre davantage de temps. Nicolas Cresson et Benjamin Moutet s'engagent à inscrire les 100 000 euros nécessaires au budget communal dès 2027. Éric Delteil assure quant à lui que la question sera étudiée par le Conseil municipal s'il en devient le maire.

Jeanne Lamazère-Destugues, dauphine d'Emmanuel Hanon, nuance : « Il n'existe pas encore de parcours validé, et ce projet implique plusieurs communes voisines d'Orthez. Nous sommes favorables à l'exploration de ces alternatives et nous nous associerons à la CCLO pour faire avancer ce projet. »

Le spectre de l'accident de 2018

« N'attendez pas qu'un accident grave se produise ! », implorait Paule Pachebat, secrétaire d'Aros en 2022. Cette mise en garde fait écho à l'accident survenu le 22 janvier 2018, à quelques mètres seulement du rond-point de la place d'Armes.

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Un poids lourd espagnol transportant trois tubes de ferraille de six tonnes chacun venait de traverser le pont neuf. Alors qu'il approchait des bâtiments abritant alors la clinique Labat, le camion perdit l'un de ces tubes sur son flanc droit, côté trottoir. Yves Darrigrand, ancien maire, s'était alors alarmé : « Si une classe était passée à ce moment-là pour se rendre à la piscine, nous aurions eu affaire à un véritable drame. »

Depuis cet incident qui a marqué les esprits, la situation n'a guère évolué. Le statu quo persiste, alimentant l'impatience et les inquiétudes des riverains qui voient dans les prochaines élections municipales une opportunité décisive pour enfin faire avancer ce dossier épineux.