L'Arbre qui marche : une oasis de bien-être aux sources du Guyoult
Bien que le Mont-Saint-Michel ne soit pas visible depuis L'Arbre qui marche, c'est sur ce domaine de deux hectares appartenant à Gwenn Libouban et Paolo Malvarosa que prend sa source le Guyoult, cette rivière qui se jette plus loin dans la baie du célèbre monument, revendiqué tant par la Normandie que par la Bretagne. Depuis 2021, ce couple invite précisément à un retour aux sources dans ce lieu unique, proposant des cures qui combinent l'expertise en réflexologie de Gwenn Libouban et les compétences en psychothérapie de Paolo Malvarosa, ce dernier étant également formé au shiatsu et à la danse-thérapie.
Une réhabilitation respectueuse du patrimoine breton
Animés par cette même philosophie holistique, Gwenn Libouban et Paolo Malvarosa ont entrepris la réhabilitation d'une longère du XVIe siècle, nichée près de Combourg, dans un hameau de la « Bretagne romantique ». Cette communauté de communes est classée en espace boisé, ce qui confère au site une protection spécifique. Le couple cherchait initialement un espace pour dispenser des formations en réflexologie et proposer des cures aux particuliers et aux groupes. Après avoir essuyé deux refus de financement pour des propriétés en bord de mer, ils ont recentré leurs recherches sur une zone à trente minutes de la côte, avec un budget limité à 300 000 euros de prêt bancaire.
Pour ce projet, ils ont fait appel à leur ami architecte Christophe Bachmann, installé à Dinard et connu pour avoir dessiné la fantastique Ferme du vent à Cancale. Rompu aux réhabilitations, Bachmann a immédiatement esquissé des plans avec son feutre bleu emblématique, privilégiant une architecture contextuelle et régionaliste. « Ces longères, construites à partir du XIVe siècle, suivent des principes immuables : une largeur maximale de 6,50 mètres, un couloir d'habitation central et une fermeture au nord pour se protéger des vents dominants », explique-t-il.
Préserver l'âme des lieux avec des techniques anciennes
La préservation de la distribution originale des espaces était essentielle. Les escaliers en pierre et en bois, les tomettes au sol, les poutres apparentes et les deux imposantes cheminées en pierre surmontées d'un écusson mystérieux ont été conservés. La glycine qui court sur la façade et les huisseries repeintes en bleu Combourg ajoutent au charme authentique. Pour les travaux, l'architecte a opté pour un enduit chaux-chanvre, une technique ancienne utilisée par les Romains, permettant à la pierre de respirer tout en retenant la chaleur. « Il fallait assurer une continuité sans tout casser, apporter un propos moderne sans verser dans le rustique, et tout cela en réalisant un minimum de travaux », précise Christophe Bachmann.
Dans les étages, où six chambres peuvent accueillir jusqu'à douze invités, les garde-corps traditionnels ont été remplacés par des pieux en bois habituellement utilisés pour l'élevage des moules de Bouchot, un clin d'œil à l'ancrage local. Avec le paysagiste Camille Muller, il a été décidé de supprimer l'un des deux hangars d'origine, donné à un agriculteur en échange de sa démolition. Un chantier participatif a été organisé pour désosser le grand hangar restant, isolé ensuite en laine de bois, un matériau capable de garder aussi bien la chaleur que la fraîcheur.
Une approche écologique et sensible
La salle dédiée aux cours de yoga et aux formations a été agrémentée de grandes ouvertures offrant une vue panoramique sur la nature environnante, telle une toile vivante. La façade en tôle, peinte en foncé pour rappeler le brai utilisé traditionnellement par les Bretons, évoque les bardages à tasseaux et les hangars à tabac de la région. Gwenn Libouban se souvient avec amusement comment sa famille a été surnommée « famille Soulages » après avoir repeint la maison en noir profond un été. « Nous avons compris que l'approche la plus écologique consiste à conserver autant que possible l'existant », confie-t-elle.
Le chauffage au gaz d'origine a été maintenu dans la longère, avec un projet de passage à la géothermie à l'avenir, comme c'est déjà le cas dans le hangar. L'assainissement des eaux usées est réalisé par phytoépuration à l'aide de joncs. Le bon sens écologique se manifeste aussi dans les détails : les couchages en laine de mouton sont l'œuvre de la matelassière bretonne Marion Delisle, tandis que les céramiques délicates sont signées par l'artiste japonaise Eri Uehara, dont l'atelier Aonoto se trouve à proximité.
Un ancrage local et personnel
Gwenn Libouban et Paolo Malvarosa ont élu domicile, d'abord par nécessité puis par choix, dans une spacieuse yourte installée dans le jardin, près d'une seconde, plus petite, où Gwenn exerce sa réflexologie. L'avenir dira s'ils s'établiront dans l'extension en cours de construction qui prolonge le cellier. À l'image de L'Arbre qui marche, le couple prend son temps et avance à son rythme, une belle façon de rester ancrés dans ce havre de paix où la source du Guyoult murmure les promesses de sérénité et de reconnexion à soi.



