Gérard Pons, l'éternel animateur de Rochefort, quitte la mairie mais pas la scène publique
Gérard Pons n'est plus élu à la mairie de Rochefort depuis le 15 mars 2026, mais cet infatigable amoureux de sa ville ne quitte pas pour autant la scène publique. Dès le début de son mandat d'adjoint en 2020, il avait annoncé qu'il ne se représenterait pas en raison de son âge. Gérard Pons a tenu parole et... il le reconnaît aujourd'hui avec une pointe de regret.
« Depuis douze ans, je me rendais tous les jours à la mairie. Ne plus y aller me fait bizarre, je m'embête déjà... » Par amitié pour « l'équipe sympa d'Hervé Blanché réélu », « Gégé » a assisté au premier conseil municipal des nouveaux élus le 20 mars, mais « ça m'a brassé ».
La bosse du commerce et l'esprit d'entreprise
Qui pourrait croire qu'un Gérard Pons puisse véritablement s'ennuyer ? Malgré ses presque 80 ans, il porte beau, toujours soigné à la dernière mode, et conserve son énergie légendaire. Il faut dire qu'il a toujours travaillé dur. Avant même d'avoir quitté l'école Zola à 15 ans, il aidait déjà ses parents, marchands de fruits et légumes sur le marché, comme toute la famille.
Alors, au moment de se lancer dans la vie active, aucune hésitation : il suivra la voie familiale et monte même sa propre affaire à 20 ans à peine. « J'ai installé mon banc avenue de-Gaulle devant le musée et j'y ai passé quarante ans, ça fait des amis. J'ai adoré. » Gérard Pons, quasiment né sur le marché de Rochefort, y aura travaillé toute sa vie avec une passion communicative.
Mais haranguer le chaland « à la gueulante » comme il dit, avec sa célèbre tirade « je suis le roi du marché, 3 francs le melon, les 3 à dix balles », ne lui suffit pas. Il décide de se développer. Il monte un magasin de fruits et légumes avenue La-Fayette, puis un dépôt de grossiste en zone des Sœurs. Celui qui se lève tôt emploie jusqu'à 15 personnes.
C'est loin d'être fini. Avec son ami Gérard Pénis, qui tenait Le Café de la paix à l'époque, il crée L'Entracte, un bar et billard rue de la République, mais aussi le magasin de bonbons Chez Chloé place Colbert, tout en prenant des parts dans Le Bougainville, restaurant gastronomique au port de plaisance. « C'était toute une époque, les affaires marchaient, on osait. »
Et ils poursuivent en montant Le Rouge et noir, un piano-bar rue Grimaux. « C'était un bar topless. Mais après avoir vu le film 'Pédale douce', on a tout changé en boîte homo, les hommes en haut, les femmes en bas », raconte ce bon vivant qui adore faire la fête et qui a toujours aimé les femmes.
Un meneur charismatique au service de sa ville
Gérard Pons est un entrepreneur né, mais c'est aussi un meneur charismatique. « J'aime être utile. » Son curriculum vitae s'allonge considérablement :
- Président départemental de sa profession
- Président des commerçants non sédentaires
- Élu à la chambre de commerce
- Président de l'association des commerçants des rues La-Fayette et Grimaux
- Président de l'association des commerçants du centre-ville, Action cœur de ville
C'est avec cette dernière casquette qu'il lance en 1999 la patinoire place Colbert, « son bébé ». « Jean-Louis Frot, alors maire, m'a dit 'tu es fou', j'ai tenu bon et ce fut la première du département ! » Depuis, elle revient chaque Noël, attirant des milliers de visiteurs.
Les horodateurs, les défilés de mode place Colbert, les festivités de fin d'année ou la rue piétonne rue de la République sont encore des idées de « Gégé », récompensé par un Mercure d'Or en 1985 et sacré Rochefortais de l'année en 2003. « J'ai plus de prix que de diplômes », plaisante-t-il avec humour.
L'entrée en politique et le rôle d'animateur
En 2001, Gérard Pons, amoureux de sa ville au point que Jean-Louis Frot le désignait comme « le premier promoteur de Rochefort », se lance en politique. D'abord comme colistier de Dominique Rabelle en 2001, puis comme tête de la liste J'aime ma ville en 2008.
Malgré des échecs électoraux, il siégera dans l'opposition aux côtés d'un certain Hervé Blanché à qui il passera le relais. Chef de file de l'opposition en 2008, Gérard Pons a transmis le flambeau à mi-mandat à Hervé Blanché qui s'est présenté en tête en 2014 avec « son Gégé ».
Ce dernier n'oubliera pas « son Gégé », encarté comme lui au RPR, puis chez LR, pour en faire un de ses adjoints en 2014 et en 2020. « Je n'étais pas fait pour être maire, je me vois plutôt comme un animateur », confesse aujourd'hui Gérard Pons dont l'enthousiasme peut déplacer des montagnes.
Il se dit satisfait d'avoir baptisé l'esplanade du cinéma du nom de Jean-Louis Frot, son mentor, alors qu'il était encore vivant, et d'avoir fait installer les statues des « Demoiselles » place Colbert, « ça attire des gens du monde entier ».
« Je suis heureux d'avoir servi ma ville, je lui ai donné 40 ans de ma vie et je ne regrette rien. J'aurais aimé que mes parents voient tout mon parcours alors que je n'ai pas fait d'études. »
Une retraite active et des engagements qui persistent
Ce n'est pas tout à fait fini : Gérard Pons ne quitte pas la vie publique puisqu'il est encore conseiller départemental jusqu'en 2028 et même vice-président du Département, ce qui lui vaut de présider le Syndicat des aéroports et le Syndicat mixte du port Rochefort-Tonnay.
« Après normalement, j'arrête », promet celui qui prendra quand même le temps de voir ses deux fils et ses quatre petits-fils, de voyager, d'enfourcher son vélo, de faire la fête, d'aller au marché et de passer de temps en temps... à la mairie !
Le parcours de Gérard Pons illustre parfaitement comment un homme passionné, sans diplômes prestigieux, peut marquer durablement sa ville par son énergie, son esprit d'entreprise et son dévouement à la chose publique.



