Un retour aux sources salué par les forains
Depuis un an, les forains menaçaient de boycotter la foire de printemps de Bergerac, en Dordogne, suite à la décision de l'ancienne municipalité de les déplacer place du foirail. Cette mesure controversée visait à permettre le réaménagement et la verdissement de la place de la République. Cependant, le changement de majorité à la mairie a entraîné un revirement spectaculaire.
Un virage politique à 180 degrés
La fête foraine se tiendra bien sur la place de la République du samedi 4 au dimanche 26 avril, comme le souhaitaient les forains. Initialement prévu sous l'ancien maire Jonathan Prioleaud, le déménagement a été stoppé net par le nouveau maire socialiste Fabien Ruet, élu après les municipales. Dès son arrivée aux affaires, ce dernier a annoncé son intention de tout faire pour remettre la foire à son emplacement habituel, une promesse désormais tenue.
Les services techniques de la mairie et la nouvelle adjointe au commerce, Nathalie Brulin, étaient sur place mercredi 1er avril pour superviser l'installation des forains. « Les services de la mairie ont été très réactifs », a salué l'adjointe, précisant que les équipes d'Eurovia, en charge des travaux d'aménagement, avaient libéré la place dès mardi. L'ouverture de la foire est prévue samedi à 14 heures, sous réserve du passage de la commission de sécurité.
Un soulagement palpable parmi les forains
Les forains, qui s'étaient fermement opposés au projet de déménagement depuis un an, expriment un soulagement unanime. « On avait prévenu que s'il fallait aller là-bas, on ne viendrait pas », explique Wesley Gourgues, forain spécialisé dans les machines à sous. « Je serais allé à Castillon, Nantes ou Barbezieux. Lundi, on a rencontré le maire et il nous a dit qu'on pourrait s'installer à partir de mardi soir. »
David Durieux, vendeur de friandises, se réjouit de ce retour aux sources : « On est très heureux de pouvoir s'installer ici, comme le faisaient nos aïeux. Mon père mettait déjà son manège au même endroit dans les années 1980. Quand Michel Manet nous a fait aller au foirail, on s'y était déjà opposés. Et, sans surprise, il n'y avait presque plus personne à la fin. »
Un dialogue rétabli après des mois de tensions
Benjamin Bredèche, forain déployant son camion de machines à sous, souligne le retour à un dialogue constructif : « On va pouvoir rediscuter. J'ai appelé Fabien Ruet dès l'entre-deux tours des élections, pour voir ce que l'on pourrait faire. Jusqu'au dernier moment, on a été sur le qui-vive. L'ancien maire, il nous recevait par politesse mais ses décisions étaient déjà arrêtées. »
Pendant la campagne électorale, l'équipe de Fabien Ruet avait vivement critiqué le projet « pharaonique » de Jonathan Prioleaud pour la place de la République, estimant qu'il était financé au détriment de la voirie et des trottoirs. Le nouveau maire a donc rapidement mis le chantier en pause, se plongeant dans les marchés publics pour évaluer les possibilités de modification du projet.
Quel avenir pour la place de la République ?
Pour l'instant, seules les fouilles archéologiques préventives ont été réalisées sur la place. Les autres aménagements, assurés par Eurovia, concernent principalement le pourtour de la place. Le nouveau directeur de cabinet du maire, David Jarry-Lacombe, a déclaré : « Nous allons reprendre le dossier calmement et prendre le temps de faire les choses bien. » Parmi les pistes envisagées, le pumptrack (piste de bosses) pourrait être déplacé vers Picquecailloux ou le barrage.
Ce revirement politique a également ravi les habitués qui se garent gratuitement au foirail, maintenant libéré de l'occupation foraine. La décision de la nouvelle municipalité marque ainsi un retour à la tradition, apaisant les tensions et rétablissant un climat de confiance avec les acteurs locaux.



