Marineland d'Antibes : l'association "C'est Assez" contre le transfert des orques en Espagne
Marineland: "C'est Assez" s'oppose au transfert des orques

Par la voix de sa présidente, l'association "C'est Assez" dénonce les conditions d'accueil inacceptables du Loro Parque de Tenerife, qui devrait recevoir les dernières orques de Marineland. Ce vendredi 15 mai, la direction de l'ex-parc de loisirs français Marineland, fermé depuis janvier 2025, a annoncé la future destination de ses deux orques et douze dauphins. Avec le feu vert de Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique, le parc vise un transfert des animaux vers l'Espagne, plus précisément vers le Loro Parque de Tenerife pour les orques. Quant aux douze dauphins, ils seront répartis dans deux parcs à Valence et à Malaga. Des choix auxquels Christine Grandjean, présidente et fondatrice de l'association "C'est Assez !", s'oppose.

Une annonce sans concertation

Interrogée sur sa réaction à l'annonce du ministre, Christine Grandjean déclare : "On l'a appris dans la presse... on n'a même pas été mis au courant des choix en amont. De toute façon, c'est simple, lorsque je contacte le ministère on ne me répond plus."

Des options contraires à la loi française

Selon elle, les options sélectionnées vont à l'encontre de la loi de 2021 qui interdit l'exploitation d'animaux à but de spectacle. "Le problème, c'est qu'en Espagne, il n'y a pas cette loi. Au Loro Parque, les conditions de vie des orques sont terribles. Il y a eu plusieurs décès ces dernières années, les orques crèvent de faim tellement elles sont peu nourries pendant les spectacles."

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Pourquoi Marineland a-t-il choisi le Loro Parque ? "Car c'est le seul endroit en Europe qui a déjà des orques et qui peut accueillir deux cétacés supplémentaires. Mais en passant de 4 à 6 orques, il faut s'attendre à des conflits et des manques d'espace entre les bêtes. À Antibes, on a deux grands bassins pour les deux dernières orques, elles ont noué des liens affectifs avec les soigneurs. Le bien-être des animaux il est là, pas à Loro Parque. Le patron de Loro Parque parle d'urgence, mais l'urgence elle est juste pour sa situation financière, pas pour les animaux."

Le sort des dauphins également contesté

Concernant les dauphins, dont le projet est de les partager entre Valence et Malaga, Christine Grandjean précise : "Tous les dauphins qui ont été envoyés à Malaga ont ensuite été transités vers la Chine, certains y sont morts. Pour Valence, si le projet se confirme de les faire revenir en France, à Beauval on s'y oppose ! Le 'delphinarium' que veut créer le directeur du ZooParc de Beauval doit être interdit par la loi. On a le soutien du Conseil d'État sur cette question, qui s'est opposé aux transferts de cétacés à des fins commerciales. Or le projet de Beauval et de Loro Parque sont à visée commerciale et en plus vont à l'encontre de la loi de 2021."

Loro Parque et Beauval : deux solutions qui ne font pas l'unanimité

Fin janvier, Rodolphe Delord (directeur du ZooParc de Beauval) et Martin Böye (directeur scientifique de la Loro Parque Fundación) étaient auditionnés par la commission des Affaires économiques du Sénat sur le transfert des derniers cétacés du parc Marineland. Le directeur du ZooParc de Beauval a présenté son projet d'accueillir la colonie de dauphins dans le Loir-et-Cher dès 2027, date à laquelle un futur Centre d'Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins (CERSSD) devrait être achevé. Un espace qualifié de "delphinarium" par les opposants au projet.

Quant au Loro Parque Fundación, il s'avance comme le candidat numéro un pour recueillir les deux orques antiboises. L'établissement de Martin Böye consacre chaque année près d'1,7 million d'euros à la conservation des cétacés, mais le Loro Parque avait été initialement écarté par les autorités espagnoles et critiqué par les ONG françaises, relate France Info.

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