Pluie persistante en Occitanie : un frein au shopping ou simple facteur de morosité ?
Depuis plusieurs semaines, l'Occitanie est confrontée à un épisode pluvieux exceptionnel par sa durée. Alors que certains pourraient craindre un impact significatif sur l'activité commerciale, la réalité apparaît plus nuancée selon les acteurs économiques interrogés.
Des perturbations ponctuelles mais pas de crise généralisée
Aurélien Bruno, patron de l'enseigne Nim Imprim sur la zone commerciale Ville Active à Nîmes, reconnaît que l'excès de pluie perturbe son planning de travail en extérieur. "Comme je travaille beaucoup en extérieur, notamment pour la pose d'enseigne, autant de pluie perturbe mon planning", explique-t-il. "Là, j'ai deux semaines dans la vue sur le planning. Forcément, ça fait du chiffre d'affaires en moins."
Pourtant, en tant que président de l'association des commerçants de Ville Active, il n'a pas le sentiment d'une perturbation généralisée. "On a eu une réunion il y a peu et ce n'est pas un sujet qui a été abordé par les autres commerçants de la zone", précise-t-il.
La pluie : un élément parmi d'autres dans la morosité ambiante
André Deljarry, président de la Chambre de commerce et d'industrie de l'Hérault, possède le centre commercial Les 7 Collines à Nîmes. Il estime que les enseignes de son centre ne sont pas particulièrement affectées par la météo. Selon lui, ce qui perturbe davantage les consommateurs, "ce sont les guerres, la hausse du pétrole, les prochaines élections municipales, plus que la pluie". En résumé, "c'est l'ambiance générale", et la pluie "participe de cette morosité".
Aurélien Bruno confirme cette analyse : "C'est plutôt d'un point de vue moral, miné, qu'il faut appréhender le comportement des consommateurs". Il note également que "c'est depuis le début de l'année que ce n'est pas trop rigolo pour les commerçants".
Les centres commerciaux : des refuges contre la pluie
Emilie Farouil, directrice des centres commerciaux Carrefour à Claira (Pyrénées-Orientales) et Saint-Jean-de-Védas (Hérault), apporte une perspective différente. Elle ne perçoit pas de baisse de fréquentation liée à la pluie. "Au contraire", explique-t-elle, "les gens viennent plutôt se réfugier dans les centres commerciaux quand il pleut beaucoup".
Elle souligne l'avantage des centres commerciaux "fermés, qui permettent de faire du shopping sans se mouiller, contrairement aux commerces des centres-villes, qui eux sont, par définition, en extérieurs". Seules les alertes météo orange ou rouge, qui conseillent de ne pas se déplacer, ont un impact négatif significatif sur la fréquentation.
Des situations contrastées selon les types de commerce
Olivier Lacoste, président de l'association des commerçants de l'avenue Jean-Jaurès à Nîmes, reconnaît l'exceptionnalité de la situation : "On n'a jamais vu ça depuis des lustres". Cependant, comme son association représente surtout des restaurants et cafés, ils sont "moins concernés que des commerçants indépendants, comme dans le centre, qui, eux, souffrent vraiment de la pluie".
Cette diversité d'expériences montre que l'impact des pluies persistantes sur le commerce en Occitanie n'est pas uniforme. Si certains commerces de centre-ville subissent effectivement les conséquences de la météo, les centres commerciaux peuvent même en tirer bénéfice, tandis que d'autres facteurs contextuels contribuent davantage à la morosité des consommateurs.



