Municipales 2026 en Occitanie : un second tour réduit et des maires sortants en difficulté
Municipales 2026 en Occitanie : second tour réduit, maires en danger

Municipales 2026 en Occitanie : un second tour réduit et des maires sortants en difficulté

Le premier tour des élections municipales, qui s'est déroulé dimanche 15 mars 2026, a scellé le sort de cette élection dans une majorité de villes et villages de l'est de l'Occitanie. Cependant, les électeurs auront encore à trancher des situations incertaines lors du second tour. Le paysage électoral s'est considérablement dégagé en ex-Languedoc-Roussillon et en Aveyron, avec une élection jouée dès le premier tour dans plus de 90 % des communes.

Un nombre réduit de seconds tours, une situation inédite

Cette situation est inédite et est notamment liée au changement de règle dans les communes de moins de 1 000 habitants, où il fallait désormais présenter des listes entières et paritaires. Cette mesure a réduit le nombre de candidats, permettant à de nombreuses communes de conclure l'élection dès le premier tour. Il reste donc peu de seconds tours : 35 dans l'Hérault, 16 dans le Gard, 18 dans les Pyrénées-Orientales, 14 dans l'Aude, 5 dans l'Aveyron et 4 en Lozère.

Excepté à Saint-Jean-de-Védas, où les sept candidats en lice peuvent encore se maintenir – un autre fait inédit –, ce second round sera surtout marqué par des triangulaires ou des quadrangulaires, à moins que des fusions ou désistements n'interviennent d'ici ce mardi soir. Dimanche, des quinquangulaires restaient aussi possibles à Sète, Rivesaltes, Pont-Saint-Esprit et Alès. Dans la capitale des Cévennes, la gauche devrait toutefois se désister pour favoriser Christophe Rivenq face au Rassemblement National.

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Des maires sortants en danger dans plusieurs communes

Dans certaines de ces communes, la prime au sortant n'a pas payé. Certains maires se retrouvent ainsi en ballottage défavorable à l'amorce de l'entre-deux tours. C'est notamment le cas dans le Gard pour Jean-Yves Chapelet, très loin de la députée RN Pascale Bordes à Bagnols-sur-Cèze ; Robert Crauste au Grau-du-Roi ; Yves Cazorla à Laudun-l'Ardoise ; Olivier Sauzet à Vers-Pont-du-Gard.

Dans l'Hérault, sont en grande difficulté : René Revol à Grabels ; Frédéric Lafforgue à Castelnau-le-Lez ; Jean-Luc Savy à Juvignac ; Francis Barsse à Bédarieux… et surtout Sébastien Frey, à Agde, où le député RN Aurélien Lopez-Liguori a viré largement en tête. C'est aussi mal parti pour les maires de Carcassonne, Lézignan-Corbières, Quillan, Millas, Le Boulou, Argelès-sur-Mer, Rodez ou Saint-Chély-d'Apcher. À Lodève, la maire sortante ne se représentait pas, mais sa représentante, la socialiste Fadelha Benammar-Koly, est aussi menacée par le candidat divers droite Claude Laateb.

Des scrutins plus ou moins incertains et des configurations surprenantes

Dans certaines communes, le second tour semble n'être plus qu'une formalité pour les candidats auxquels il n'a manqué qu'un faible nombre de voix pour l'emporter. C'est par exemple le cas à Pont-Saint-Esprit, Lattes, Clermont-l'Hérault ou Meyrueis. Mais il y a aussi des cas où l'entre-deux tours est très indécis, à l'image de Mauguio où deux des quatre qualifiés sont au coude-à-coude, comme à Montferrier-sur-Lez. À Rivesaltes, le RN Julien Potel est arrivé en tête et pourrait offrir une deuxième ville catalane à son parti, mais il est talonné par Amélie Parraud dans un match à cinq.

À chaque élection ses particularités. Ainsi, outre Saint-Jean-de-Védas et ses sept finalistes, il est étonnant de trouver encore quatre listes finalistes à Saint-Jean-de-Cuculles (Hérault, 540 habitants), trois à Mialet (Gard, 644 habitants), Minerve (Hérault, 97 habitants) ou Formiguères (Pyrénées-Orientales, 494 habitants). Rare aussi, l'égalité parfaite (1626 voix chacun) entre les deux candidats de Luc-la-Primaube, Jean-Philippe Sadoul et Alain Cisternino, ce qui oblige la préfecture de l'Aveyron à organiser un second tour.

Et que dire du maire sortant de Narbonne, Bertrand Malquier, obligé de retourner aux urnes parce qu'il lui a manqué… une petite voix. Insolite encore, à Mende, c'est Patrice Saint-Léger (divers droite) qui vire en tête à l'issue du premier tour, six ans après avoir perdu l'élection municipale à Rieutort-de-Randon, battu par… son frère Francis, qui avait, lui, perdu à Mende en 2008.

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Des répercussions sur la représentation régionale au Parlement

Ces élections municipales vont avoir des répercussions sur la représentation régionale au Parlement. Vainqueur au premier tour à Vauvert face à Jean Denat, le député RN du Gard Nicolas Meizonnet va devoir céder sa place à sa suppléante, Caroline Devaux, pure camarguaise et fille de manadier, mais non-encartée au RN en 2024. Si Pascale Bordes, à Bagnols-sur-Cèze, et Aurélien Lopez-Liguori, à Agde, confirment leur performance du premier tour, ils enverront aussi leur suppléant respectif Catherine Dellong-Meng et Bernard Chaumeil à l'Assemblée nationale.

Ces municipales auront aussi des conséquences sur les élections sénatoriales de septembre. Le RN pourrait ainsi gagner des sièges dans le Gard et dans l'Hérault, où Jean-Pierre Grand, menacé de perdre son socle électoral à Castelnau-le-Lez, pourrait laisser le sien. Il y a toujours un effet papillon dans le paysage politique régional.