Municipales 2026 en Occitanie : les dessous d'une campagne électorale agitée
Chaque dimanche, Midi Libre dévoile les coulisses des élections municipales de 2026 en Occitanie. Des anecdotes, des rebondissements et des stratégies qui animent la campagne bien avant le jour du scrutin. Une véritable plongée dans l'arrière-cour politique de la région.
Montpellier : un jeu de chaises musicales politiques
À Montpellier, la campagne municipale ressemble à un jeu des sept familles grandeur nature. Les transfuges politiques se multiplient entre les différentes listes, créant des alliances surprenantes et des rivalités inattendues.
Philippe Saurel a réussi à attirer à lui Hind Emad et Yannick Roger-Chartier, deux élus de la majorité sortante qui critiquent désormais la politique de Michaël Delafosse, alors qu'ils ont occupé des postes de vice-président et d'adjoint pendant six ans sans exprimer publiquement leurs désaccords.
Ces recrutements compensent les départs de colistiers historiques comme Luc Albernhe ou Brigitte Roussel-Galiana, partis rejoindre les listes d'Isabelle Perrein ou Stéphanie Jannin chez Mohed Altrad. Ce dernier a quant à lui perdu son ancien directeur de campagne Serge Guissepin, qui a rejoint... Michaël Delafosse.
Dans ce méli-mélo politique, on retrouve également Muriel Ressiguier, ancienne députée de La France Insoumise qui avait perdu son investiture en 2022 au profit de Nathalie Oziol après un désaccord sur la stratégie des municipales. Les écologistes, menés par Coralie Mantion, ont quant à eux claqué la porte de l'exécutif municipal de Delafosse pour rejoindre la maison Roumégas, où ils ont retrouvé Serge Martin, un ancien de Mohed Altrad.
Le Rassemblement National fait le pont... ou pas
À Pont-Saint-Esprit, commune de 10 000 habitants dans le Gard, le RN avait fait de cette élection partielle en 2024 une priorité stratégique, considérant cette ville comme la première étape de la conquête des villes gardoises programmée pour 2026.
Le résultat fut pourtant décevant : le jeune candidat Emmanuel Le Pargnieux n'est arrivé que deuxième avant de quitter l'hémicycle et la ville. Deux ans plus tard, la situation a radicalement changé. Pierre Meurin, député RN, a annoncé que le parti n'était "pas en capacité de présenter une liste" à Pont-Saint-Esprit et qu'aucun candidat ne pouvait se prévaloir du soutien officiel du parti.
Rodez : le dilemme socialiste
Dans la capitale aveyronnaise, le Parti Socialiste se trouve face à un choix épineux. Officiellement, après un vote des militants, le PS a apporté son soutien à la liste "Rodez Citoyen" portée par Florian Monteillet et Sarah Bonvalet-Younès, qui espèrent s'immiscer dans le duel fratricide opposant le maire sortant Christian Teyssèdre à son ancien adjoint, le député Renaissance Stéphane Mazars.
Mais la présidente de Région socialiste Carole Delga pousse "avec enthousiasme et conviction" la candidature de Sarah Vidal, autre ex-adjointe de Christian Teyssèdre. Problème : Mme Vidal avait été exclue du PS en 2020, créant une situation particulièrement délicate pour le parti.
Laroque : mobilisation citoyenne contre un projet McDo
À Laroque, village médiéval de 1600 habitants situé sur les berges de l'Hérault, c'est un projet de construction d'un fast-food McDonald's "en pleine zone pavillonnaire" qui a suscité l'émoi des habitants.
Une pétition en ligne a réuni 2 900 signatures, puis une liste citoyenne "Laroque autrement" s'est constituée derrière Magali Privat. Celle-ci admet que le projet McDo a joué un rôle dans la motivation initiale, mais précise que son équipe a depuis élaboré un véritable programme municipal.
Le maire sortant Pierrick Ciribino, qui brigue un second mandat, assure quant à lui qu'aucun acte officiel n'a été lancé concernant ce projet et déplore que le débat se focalise "sur une rumeur commerciale".
Les surprises au détour des listes
Les listes municipales réservent parfois d'étonnantes surprises. À Rodez, dans l'équipe de Sarah Vidal, apparaît le footballeur Lionel Mpasi, gardien de but du Havre et de la République démocratique du Congo. Ancien joueur du Rodez AF de 2017 à 2025, il y a même "acheté un bien". Sa présence se veut avant tout symbolique, pour soutenir des personnes qui l'ont accompagné dans son parcours.
Dans l'Hérault, à Combaillaux au nord de Montpellier, on trouve à la 18e place de la liste de Jean-Louis Couture une certaine Laurence Tubiana. Cette haute fonctionnaire française, souvent présentée comme l'architecte de l'Accord de Paris pour avoir joué le rôle d'ambassadrice lors des négociations de la Cop21, avait été pressentie pour Matignon à l'été 2024. Elle présidait auparavant la Convention citoyenne pour le Climat. Dans cette élection municipale, elle joue cependant un rôle plus symbolique.
La campagne des municipales 2026 en Occitanie s'annonce riche en rebondissements, avec des stratégies politiques complexes, des mobilisations citoyennes inattendues et des candidatures surprenantes qui promettent une élection particulièrement animée dans toute la région.



