Ces maires du Languedoc, Roussillon et Aveyron qui ont marqué la scène nationale
Au fil des décennies, de nombreux maires de droite ont connu des destins éclatants sur la scène politique française. La gauche, quant à elle, souvent dans l'ombre de figures comme Georges Frêche qui effrayaient l'établissement parisien, a eu moins de succès dans cette ascension nationale.
Paul Ramadier, l'Aveyronnais président du Conseil
Paul Ramadier (1888-1961) appartient à cette génération de responsables qui ont tenu la France dans les années d'après-guerre. Ce socialiste, né en 1888, a profondément marqué la IVe République, une période instable mais décisive pour le pays. Maire de Decazeville, en Aveyron, durant 40 ans, de 1919 à 1959, il était intimement lié à cette ville minière, à ses habitants et à leurs réalités sociales quotidiennes.
En 1947, il devient président du Conseil et prend une décision lourde de conséquences : exclure les ministres communistes du gouvernement. Un choix qui marque l'entrée de la France dans la guerre froide et fracture durablement la gauche française. Ramadier a également occupé des postes clés comme ministre du Travail en 1938 et de la Justice en 1946. Il a défendu les coopératives et fait voter d'importantes lois sociales. On lui doit aussi la création de la vignette automobile en 1956, une mesure fiscale qui a marqué son époque.
Jean Castex, l'homme aux multiples casquettes
Avant de devenir secrétaire général adjoint de la présidence sous Nicolas Sarkozy, délégué ministériel pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 et Premier ministre d'Emmanuel Macron, le haut fonctionnaire Jean Castex a été maire de Prades dans les Pyrénées-Orientales. À 59 ans, il est aujourd'hui PDG de la SNCF, après avoir occupé le même poste à la RATP, illustrant une carrière diversifiée entre politique locale et responsabilités nationales.
Jean Puech, ministre de l'Agriculture
Ils sont peu nombreux, dans l'ex-Languedoc-Roussillon et en Aveyron, à avoir percé d'un mandat local vers un destin national. L'ancien sénateur Jean Puech, 84 ans, a été maire de Rignac entre 1977 et 2001, puis deux fois ministre : de l'Agriculture entre 1993 et 1995, avant d'occuper un éphémère portefeuille de la Fonction publique dans le premier gouvernement d'Alain Juppé en 1995. Plus longue fut sa présidence au conseil général de l'Aveyron, qu'il a dirigé pendant 32 ans, démontrant une longévité remarquable dans la vie politique locale.
Jacques Blanc, l'art de la longévité
En matière de longévité, citons un autre chantre de la droite française : le Lozérien Jacques Blanc, 86 ans. Bref secrétaire d'État auprès du ministre de l'Agriculture, il a régné en maître sur le département de la Lozère pendant quatre décennies, dont la moitié passée à la tête de la Région Languedoc-Roussillon. Il est également resté maire de La Canourgue pendant 40 ans, un record de stabilité dans la gestion municipale.
Jacques Godfrain, l'homme des réseaux Chirac
Jacques Godfrain, 82 ans, a fait les choses à l'envers. Lui, le proche des réseaux chiraquiens, n'est devenu maire de Millau en 1995 qu'après avoir été élu député et nommé ministre de la Coopération. Cette notoriété nationale lui a permis de rafler Millau à la gauche. "Je venais d'être nommé ministre, jusqu'à la fameuse dissolution, déjà une fameuse à l'époque, se rappelle-t-il. J'ai eu la ville à gérer à distance en même temps que le ministère qui m'amenait au bout du monde."
Georges Frêche en épouvantail
Les portefeuilles ministériels, dans la région, mis à part Paul Ramadier, souriaient plus souvent à la droite. Il faut dire que, longtemps, la figure de gauche qui aurait pu briller effrayait trop les caciques du Parti Socialiste à Paris, au point d'aller jusqu'à l'exclure du parti en 2007 : Georges Frêche. Ce dernier avait fini par baptiser le local à balais du conseil régional qu'il présidait salle François Mitterrand, un geste provocateur qui symbolisait son style.
Un no man's land ministériel à gauche en Languedoc-Roussillon, symbolisé après la mort de Frêche par le retrait du président de Région gardois Damien Alary au profit de la Midi-Pyrénéenne Carole Delga pour chapeauter l'Occitanie. L'actuelle présidente, maire de Martres-Tolosane en Haute-Garonne, pouvait se targuer d'avoir été secrétaire d'État au Commerce sous François Hollande, montrant une continuité dans la représentation régionale au niveau national.