Un bilan complet dix ans après la création de la grande région Occitanie
Lors d’un point presse organisé à Nîmes ce vendredi 20 février, les élus gardois du conseil régional d’Occitanie ont dressé un bilan exhaustif de leur gestion, une décennie après la fusion qui a donné naissance à cette grande région. Jean-Luc Gibelin, Katy Guyot, Fabrice Verdier, Julie Delalonde et Aurélie Génolher ont détaillé les avancées et les défis rencontrés, avec un accent particulier sur les conséquences pour le département du Gard.
Un budget régional solide malgré les contraintes financières
Fabrice Verdier a souligné la pertinence de la fusion régionale, affirmant que « être ensemble a du sens » et saluant le défi relevé. La Région joue un rôle incontournable avec un budget s’élevant à 3,5 milliards d’euros, incluant 180 euros d’investissement par habitant. Cependant, Jean-Luc Gibelin, vice-président chargé des mobilités, a alerté sur les baisses de dotations de l’État : « De 2024 à 2026, c’est une ponction de 520 millions d’euros. Cette politique de Bercy ne peut pas perdurer ! ». Aurélie Génolher a tempéré en rappelant le soutien crucial des fonds européens.
Mobilité et infrastructures : des investissements massifs et des résultats tangibles
La mobilité constitue le poste budgétaire le plus important avec 1,2 milliard d’euros. Les élus ont mis en avant « la rentrée la moins chère de France » grâce au train à 1 euro et à la gratuité d’usage. La fréquentation ferroviaire a augmenté de 68 % depuis 2019, et cette dynamique devrait se poursuivre dans le Gard avec :
- Le développement de la Rive droite du Rhône et l’ouverture de la gare de Villeneuve-lez-Avignon fin 2027.
- La réouverture de la ligne Alès Saint-Ambroix en 2028.
- La remise en état de la ligne Nîmes Le Grau-du-Roi, qui accueillera le premier train à batterie fin 2026.
Santé : des initiatives locales pour renforcer l’offre de soins
Julie Delalonde a rappelé l’efficacité du groupement d’intérêt public « Ma santé, ma Région », qui gère dans le Gard cinq centres de santé à Saint-Gilles, Lussan, Le Vigan, Saint-Hilaire-de-Brethmas et Jonquières-Saint-Vincent, avec plus de 58 000 consultations réalisées. La Région soutient également :
- L’installation de professionnels de santé, avec 14 projets aidés en dix ans dans le Gard.
- L’hôpital public et la formation, via le financement de chefs de clinique.
- La hausse des capacités de formation, avec une augmentation de plus de 20 % en cinq ans pour les infirmiers, aides-soignants et accompagnants éducatifs et sociaux.
Néanmoins, Julie Delalonde a pointé du doigt le manque de visibilité nationale, critiquant l’État pour son manque de soutien.
Économie et emploi : un dynamisme régional soutenu par des investissements ciblés
En visioconférence, Jalil Benabbillah, vice-président, a détaillé la mobilisation de 325 millions d’euros, dont 128 millions d’aides directes, pour accompagner plus de 9 000 entreprises gardoises. Il a souligné : « Avec plus de 45 000 habitants qui arrivent en Occitanie chaque année, dont la moitié d’actifs, il faut créer plus de 20 000 emplois, ce qui nous demande un effort colossal ». La Région se distingue par son dynamisme, avec l’ouverture d’usines comme :
- Soprema à Saint-Gilles.
- Le futur site d’Unac à Mus.
- MGH Energy à Laudun L’Ardoise.
Le Pacte pour l’embauche a permis d’accompagner 40 000 entreprises et 140 000 demandeurs d’emploi.
Agriculture et souveraineté alimentaire : un soutien financier conséquent
Katy Guyot a insisté sur l’importance de la souveraineté alimentaire et du soutien à l’agriculture. Dans le Gard, la Région finance :
- L’étude sur la filière viandes.
- L’extension de l’éligibilité des taureaux de Camargue.
En dix ans, 1 362 aides ont été accordées pour l’agriculture gardoise, représentant un montant total de 22,7 millions d’euros.
Environnement et transition énergétique : des actions concrètes pour un avenir durable
Aurélie Génolher a listé les initiatives en matière de transition énergétique, insistant sur la gestion de l’eau, « qui ne doit pas être un enjeu de spéculation ». La Région participe activement à :
- La lutte contre les inondations, via des projets comme le barrage de Sainte-Cécile d’Andorge et les cadereaux d’Uzès et des Limites.
- La production d’énergie renouvelable.
- La gestion des sites Natura 2000, apportant une touche verte au département.
Les élus ont réaffirmé leur engagement à maintenir les efforts sur ces priorités et à poursuivre leurs expérimentations, malgré les défis financiers et structurels.



