Une aide régionale de 200 millions d'euros pour l'armement fait polémique en Occitanie
Les membres de l'association Libre Pensée du Gard ont exprimé leur vive opposition lors d'une rencontre avec Jalil Benabdillah, vice-président chargé des affaires économiques de la Région Occitanie. Cette entrevue, sollicitée par le collectif, fait suite à une manifestation organisée le samedi 31 janvier contre l'enveloppe de 200 millions d'euros votée par le conseil régional en faveur des entreprises du secteur de l'armement.
Les justifications de la Région face aux critiques
Audrey Porteron, conseillère presse de la présidente de la Région, a défendu cette décision politique en affirmant : "Dans un contexte de mobilisation nationale, nous voulons contribuer à l'effort français et être un soutien pour notre territoire. Nous voulons contribuer à l'innovation, au développement et à la création d'emplois." La région Occitanie concentre en effet 350 entreprises et 25 000 emplois dans le secteur de la Défense.
Le financement de 200 millions d'euros est divisé en deux parties : la moitié provient d'un fléchage de fonds européens tandis que l'autre moitié est issue d'une levée de fonds. La Région insiste sur le fait que les treize entreprises concernées ne fabriquent pas d'armes mais œuvrent dans des domaines comme la cybersécurité et la biotechnologie. Chaque établissement recevra 40 millions d'euros d'aide annuellement pendant cinq ans.
L'association Libre Pensée dénonce un "double langage"
Marie-Rose Baeza, présidente de la Libre Pensée du Gard, a vivement réagi à ces arguments : "Quand on fabrique des armes, c'est pour s'en servir. Il y a un double langage. La Région minimise leur aide en affirmant que les entreprises ne fabriquent pas d'armes, qu'ils n'aident que les petites entreprises. Mais ils ne peuvent pas contrôler ce que font les entreprises avec leur aide." L'association souligne ainsi un "aveuglement" de la part des autorités régionales.
Le collectif ne compte pas en rester là et prévoit déjà de nouvelles actions pour faire entendre sa voix :
- Organisation de conférences publiques pour informer et mobiliser les citoyens
- Nouvelles manifestations dans les rues de Nîmes et d'autres villes d'Occitanie
- Rencontres avec les conseillers régionaux pour les interpeller directement
L'objectif de la Libre Pensée est clair : obtenir l'annulation pure et simple de ce financement qu'elle estime destiné uniquement à des fins guerrières. Cette controverse met en lumière les tensions entre les impératifs économiques régionaux et les convictions pacifistes d'une partie de la société civile.



