Rochefort sacré champion régional de baby-foot dans une ambiance électrique
L'ambiance était électrique, rythmée par le son caractéristique des balles frappant les cages de métal et de bois. Samedi 28 février, Rochefort s'est imposée comme la capitale régionale du baby-foot. Les locaux n'ont pas fait de la figuration, décrochant la victoire face à 21 équipes venues des Deux-Sèvres, de Charente ou de Gironde. Ils se sont imposés au final devant les redoutables joueurs du club de Bordeaux-Mérignac.
« On a l'air de rien, mais on est quand même un club qui compte sur la région ! », lâche Yohan Valin, qui a remporté le titre par équipe avec son binôme Jean-Marc, sourire aux lèvres en regardant le trophée fraîchement remporté. L'équipe de Rochefort avait aligné trois duos lors de ce championnat régional des clubs de Nouvelle-Aquitaine.
Le baby-foot compétition : une discipline exigeante et technique
Si beaucoup associent le baby-foot aux bistrots ou aux années lycée, la version compétition est d'une exigence redoutable. Fini les règles maison, place à la rigueur. « La fameuse roulette, c'est le seul truc qui est défendu ! », s'amuse un des joueurs. « On a le droit de marquer de n'importe où, y compris des demis. Mais la vraie différence avec le bar, c'est la concentration. Pendant le point, on n'a pas le droit de parler dans le jeu, ni avec l'adversaire, ni avec son coéquipier. C'est considéré comme une distraction. »
La technique est poussée à son paroxysme. Oubliez les poignées standards, chaque compétiteur arrive avec son matériel. « Chacun joue avec ses propres poignées qu'il visse. Il y a des poignées « snake », des poignées rondes… On met du grip, comme au tennis, pour avoir une bonne accroche quand on transpire, et on huile les barres pour que ce soit hyper fluide », détaille Yohan.
Le format de compétition par équipe est lui aussi intense : « C'est un format de relais. Le premier double qui joue va jusqu'à 6 points. Ensuite, la paire suivante prend le relais pour atteindre le palier de 12, et ainsi de suite. Le premier arrivé à 30 a gagné. »
Autre particularité spectaculaire en cas d'égalité (à 29-29), c'est l'épreuve des tirs au but. « Il y a des règles très strictes. On a quinze secondes maximum pour déclencher la frappe, et on doit obligatoirement faire un échange de trois touches de balle entre les joueurs de la barre avant de tirer. C'est hyper millimétré ! », détaille Yohan. La pression est alors maximale, une seule tentative par tireur pour faire trembler le bois.
Rochefort a dominé les débats, laissant deux équipes du club de Bordeaux-Mérignac se contenter des deuxième et troisième places sur le podium.
Un club dynamique mais confronté à un manque d'espace criant
Créé en mars 2016, le club de Rochefort fêtera bientôt ses 10 ans. S'il comptait plus de 40 membres avant la crise sanitaire, ils sont aujourd'hui une vingtaine d'irréductibles à faire vivre l'association, présidée par Benjamin Paradis.
Ce qui frappe, c'est l'incroyable mixité des joueurs. « On a des gens de toutes générations », raconte Olivier, 70 ans. « Le plus jeune, Noa, a 17 ans, et notre doyen, Jean-Marc, a 75 ans ! Moi, je jouais dans les cafés quand j'avais 16 ans. La passion, elle est commune à tous. Le plaisir de venir dans un club, c'est de se rencontrer, de se retrouver autour de quelque chose qu'on aime et surtout, ça permet de progresser pour faire de la compétition. »
Mais cette dynamique sportive se heurte aujourd'hui à un mur, au sens propre du terme. Actuellement hébergé au Club nautique rochefortais (CNR), le club n'a pu installer que quatre baby-foots dans 20 mètres carrés. Une situation devenue intenable pour une équipe championne régionale.
« C'est l'idée d'un vrai local, une vraie salle pour nous », plaide Yohan, soutenu par l'ensemble du club. « On a d'autres tables que l'on a provisoirement stockées ou prêtées à un autre club du département pour les dépanner, tout simplement parce qu'on n'a pas la place de les mettre ici. Quand on est 16 joueurs là-dedans à l'entraînement, ce n'est pas possible, on se marche dessus. »
Si le manque d'espace dans leur salle actuelle freine leur développement, le club n'en reste pas moins un véritable aimant à passionnés. « On rassemble des joueurs du sud du département, de Saintes, de Royan », soulignent les membres du club.
Des ambitions claires et un appel à la municipalité
Leurs ambitions sont simples et ils espèrent être entendus par la Ville. « Nous voulons pouvoir s'entraîner correctement, accueillir du public et développer la pratique. Dans un monde idéal, il nous faudrait 120 mètres carrés », explique Benoît Bonzom, l'ancien président. « Ça nous permettrait d'organiser nos tournois d'un côté, et de laisser des tables en permanence de l'autre. »
En attendant que cet appel soit entendu par la municipalité, les joueurs de Rochefort ont déjà les yeux rivés sur leur prochain objectif : le championnat de France à Bourges en avril. « L'objectif, c'est d'y aller pour remonter en Ligue 3 », conclut l'équipe, plus motivée que jamais.



