Un programme métropolitain inédit en pleine campagne électorale
En cette fin de campagne électorale, les élus socialistes de Bordeaux Métropole, qui forment avec les écologistes la majorité sortante, ont réalisé un exercice inédit en présentant leurs propositions à l'échelon intercommunal. Pas moins de 128 propositions ont été dévoilées, avec un chapitre conséquent consacré aux mobilités, principal poste de dépense, et une vigilance requise en matière de gestion budgétaire.
« On sait très bien que les collectivités seront mises à contribution », confie Christine Bost, présidente sortante de Bordeaux Métropole. Le groupe des élus socialistes et apparentés, qui constitue avec les écologistes l'ossature de la majorité métropolitaine, a réuni 22 têtes de liste et autres « chefs de file » (ceux figurant sur des listes d'union de la gauche), dont dix maires sortants, au Bien public dans le quartier du Belvédère à Bordeaux, mercredi 4 mars.
Les grandes orientations du programme 2026
Tous étaient présents pour la présentation du « programme 2026 » à l'échelle métropolitaine. Compte tenu du poids écrasant des compétences métropolitaines et à dix jours du premier tour des municipales, cet exercice est étonnamment inédit dans la campagne. Les élus socialistes entendent défendre leur part du bilan avec plusieurs engagements phares :
- 3 milliards d'euros investis sur les mobilités
- Collecte des déchets ménagers en baisse de 47 kilos par an et par habitant
- Bascule en régie de la distribution d'eau potable
- Augmentation du nombre d'agréments de logements locatifs sociaux de 1600 en 2021 à plus de 3500 en 2024 dans un contexte de crise du bâtiment
Santé, sécurité et transports : les priorités affichées
Après avoir plaidé pour une Métropole « qui protège, qui s'adapte et qui innove », Christine Bost a détaillé le programme. Sur le volet médico-social, des dispositifs d'accompagnement à la création de centres de santé, à l'exemple de Saint-Médard-en-Jalles, et de logements « pour mettre à l'abri » les femmes et enfants victimes de violences sont prévus.
En matière de sécurité, une nouveauté apparaît : la création d'un centre de vidéo-protection unifié métropolitain qui centraliserait tous les réseaux de surveillance municipaux en coordination avec les forces de l'ordre. « On en parle depuis deux ans… La plupart des communes n'ont pas les moyens d'avoir des centres de supervision. L'idée est de mutualiser nos capacités », explique Bost.
Les transports, ce gros morceau métropolitain, occupent une place centrale avec l'achèvement de six lignes de car express et trois lignes de RER métropolitain, de nouvelles lignes de bus express, et « en partenariat avec l'État, la définition de travaux à réaliser pour fluidifier la rocade de Bordeaux ». Sont cités « les pénétrantes, le co-voiturage, l'utilisation de la bande d'arrêt d'urgence et les échangeurs ».
Équité territoriale et plan tramway 2040
« Il s'agit de faire la part belle aux alternatives à la voiture, pour autant, l'usage de la voiture reste une nécessité pour beaucoup d'entre nous », précise la présidente et maire sortante d'Eysines. Si le budget annuel de la voirie tourne autour de 50 millions d'euros, « il y a matière à affiner », poursuit-elle avec Andréa Kiss, maire du Haillan et ex-vice-présidente en charge de la voirie, « entre des communes qui voudraient faire plus, ou simplement faire, et des communes qui voudraient des budgets pour embellir ». « La différence entre égalité et équité », illustre Bost.
Vient ensuite le plan tramway 2040 avec en tête le passage du tram sur le pont Chaban-Delmas. S'il est question dans le programme d'étudier « d'autres projets d'extension du réseau », Bost tempère aussitôt : « Ça ne veut pas dire des lignes de rails supplémentaires ». Elle cite l'exemple récent des lignes E et F, intercalées sur le réseau existant : « On a laissé passer la mise en œuvre disons difficile » convient-elle, « mais les usagers semblent avoir pris la mesure de l'intérêt de ces nouvelles extensions ».
Coopération avec les écologistes et ouverture à droite
Selon Bost, le réseau peut se transformer sans investissements colossaux grâce à des allongements de quais et des capacités de rames revues à la hausse. D'autres initiatives sont prévues : un plan trottoir intégrant circulation des personnes handicapées et végétalisation, l'étude de la gratuité des transports pour les enfants de moins de 10 ans, et la poursuite du réseau cyclable à haut niveau de service (272 kilomètres à terme).
Un mot sur l'attelage formé avec les écologistes à la tête de la Métropole, « nos cousins de cœur », dit avec ardeur la présidente, qui a « vocation à être reconduit » : « Il y a plus de points qui relient que de points qui nous différencient ». Et, le cas échéant, les élus de droite, revenus à mi-mandat dans l'exécutif, seront les bienvenus. « La coopération est constitutive de l'existence des intercommunalités. Il serait dommage de se priver de l'existence de certains maires ».



