L'État généralise les plans intercommunaux de sauvegarde face aux risques climatiques
Après avoir rendu obligatoire les plans communaux de sauvegarde (PCS) pour la gestion des risques, l'État étend désormais cette exigence aux intercommunalités. La loi Matras de 2021 impose en effet l'élaboration de plans intercommunaux de sauvegarde (Pics) avant le 26 novembre 2026, marquant une nouvelle étape dans la structuration de la réponse aux crises.
Des outils testés lors des récentes intempéries en Gironde
Les récentes intempéries qui ont touché la Gironde ont constitué une occasion concrète de tester ces dispositifs. Les plans communaux de sauvegarde, outils majeurs entre les mains des maires, ont été activés à Bordeaux et Libourne pour gérer le pic de crue de mi-février. À Bordeaux, c'était la première activation depuis 1999, démontrant la faible utilisation mais l'utilité unanimement reconnue de ces dispositifs.
« Chez nous, la solidarité joue au niveau intercommunal », atteste Bernard Pagot, maire de Barie, commune actuellement sous les eaux. « Le Pics est un outil très intéressant, surtout que les inondations risquent de revenir tous les ans. Nous avons 300 habitants et pas de services sociaux : quand il faut trouver des logements en urgence, les outils sont à la communauté de communes. »
Une coopération qui se structure progressivement
Cédric Pain, premier édile à Mios, a dû gérer une tornade fin janvier et vante les mérites du Pics : « On sait travailler entre maires pour la gestion de l'eau, des déchets, du développement économique… Il faut qu'on sache travailler la coopération en cas de crise. Mais ça se faisait déjà naturellement. Le Pics permet de mieux structurer nos actions au niveau intercommunal. »
À Bordeaux Métropole, les services se félicitent d'être la première métropole à s'être dotée d'une réserve intercommunale de sécurité de 170 volontaires. Alexandre Rubio, maire de Bassens et conseiller métropolitain en charge du dossier, explique : « On a commencé à travailler sur le Pics fin 2023. La démarche a été unanime chez les élus. Tous les maires sont dans cette dynamique. »
Recensement des moyens et mutualisation des compétences
L'un des avantages majeurs des Pics réside dans le recensement systématique des moyens disponibles au niveau intercommunal. Jean-Luc Trichard, adjoint à l'urbanisme à Saint-Médard-en-Jalles, illustre ce point : « Nous, on a la chance d'avoir un service technique assez important, capable d'intervenir sur des chutes d'arbres, des bâchages… On a aussi des gros matériels d'entretien forestier. Jusqu'à présent, il n'y avait pas de recensement des moyens de chacun. Avec le Pics, on sait comment on peut aider ailleurs. »
L'élu conclut sur une note d'urgence climatique : « On se rend compte qu'on est confronté à des phénomènes climatiques qui se multiplient. Alors plus on a d'aide et plus on est nombreux pour lutter, mieux ce sera. » Cette prise de conscience collective face à l'accélération des événements climatiques extrêmes justifie pleinement la généralisation de ces outils de coordination intercommunale.
La mise en œuvre progressive des plans intercommunaux de sauvegarde représente ainsi une avancée significative dans la préparation des territoires aux crises, tout en respectant le principe de subsidiarité : la Métropole apporte son ingénierie, mais le maire reste au centre des enjeux locaux, avec le Pics comme outil supplémentaire à disposition des élus.



