Municipales 2026 : les intercommunalités face à la valse des maires
Municipales 2026 : les intercommunalités en mutation

Municipales 2026 : les intercommunalités face à la valse des maires

Après l'installation des conseils municipaux, le troisième tour des élections municipales se profile avec des changements significatifs dans les intercommunalités. Ces structures, devenues incontournables dans la conduite des politiques locales, vont connaître des recompositions politiques importantes suite au renouvellement des équipes municipales. Le millésime 2026 a provoqué une véritable valse des maires sortants, ce qui aura nécessairement des conséquences sur le fonctionnement des intercommunalités de la région Nouvelle-Aquitaine.

Bordeaux Métropole : Cazenave dispose de toutes les clés

Thomas Cazenave (Renaissance), le nouveau maire de Bordeaux, dispose d'une très confortable majorité à la Métropole et contrôle un budget de 2,2 milliards d'euros. Le centre droit a remporté 15 des 28 communes, lui permettant de gouverner seul une institution qui a longtemps fonctionné sur le mode de la « cogestion » gauche-droite. Cette pratique avait été interrompue en 2020 par la victoire des écologistes à Bordeaux.

L'un des principaux chantiers du maire-président sera d'associer, ou non, les maires socialistes. La question ne se pose pas pour les écologistes qui, après la perte de Bordeaux, Bègles et Carbon-Blanc, ne contrôlent plus qu'une seule commune (Artigues). L'autre enjeu majeur concerne les compétences régaliennes de la Métropole, notamment les transports qui nécessitent des investissements lourds : un tramway arrivant à mi-vie, le RER métropolitain, et le contournement routier à l'est remis sur la table pendant la campagne. Tout cela dans un contexte budgétaire contraint.

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La Rochelle : piste dégagée pour Olivier Falorni

À La Rochelle, la voie semble dégagée pour le nouveau maire de la cité portuaire, Olivier Falorni. Près de la moitié des maires de l'intercommunalité s'est affichée à ses côtés. Il a annoncé son intention d'accorder davantage de pouvoirs aux maires, une mesure destinée à les rassurer. « Il était le seul capable de stabiliser le Conseil communautaire, de faire qu'il soit moins politisé, plus consensuel », estime Jean-Luc Algay, maire de L'Houmeau et l'un de ses premiers soutiens.

À Royan, Vincent Barraud, 67 ans, tentera de se succéder à lui-même à la tête de la communauté d'agglomération Royan Atlantique. Le maire d'Étaules retrouvera sur sa route, comme en 2020, Patrick Marengo (LR), maire de Royan battu lors des dernières élections. Avant ce premier duel, jamais les trois présidents successifs de l'intercommunalité en Pays royannais, créée en 1968, n'avaient eu de concurrents.

Pau : questions sur la méthode Marbot

Après la défaite de François Bayrou, battu par Jérôme Marbot (PS), la communauté d'agglomération Pau Béarn Pyrénées (CAPB) bascule à gauche. Le mode de gouvernance du nouveau maire de Pau, qui présidera aussi l'intercommunalité, est très attendu. La plupart des projets ont toujours été accompagnés par le Département, dirigé par le MoDem Jean-Jacques Lasserre, proche de l'ancien Premier ministre.

Les deuxième et quatrième communes de l'agglomération par leur population, Billère et Lescar, pourraient ainsi prendre une place nouvelle aux côtés de la ville centre, tandis que leurs voisines Lons et Jurançon (3e et 5e villes de l'agglo), respectivement à droite et au centre droit, pourraient prendre davantage de distance.

Pays basque : un troisième tour décisif

Le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray va-t-il briguer un nouveau mandat dans cette intercommunalité de 151 communes ? Il en conduit les destinées depuis sa création en 2017. Il entretenait encore le mystère sur ses intentions, confiant néanmoins qu'il ferait partie de l'exécutif. En 2020, il était le seul candidat.

Mais depuis, deux groupes se sont constitués au sein de la CAPB, l'un présidé par Peio Etchelecu (centre droit nationaliste), maire de Cambo, l'autre par Alain Iriart (gauche nationaliste) réélu maire de Saint-Pierre-d'Irube. Ils seront sans doute tentés de se porter candidats face à Jean-René Etchegaray ou son représentant.

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Agen : une nouvelle ère qui pourrait coûter cher

En Lot-et-Garonne, l'Agglo d'Agen est promise au nouveau maire d'Agen, Laurent Bruneau (Union de la gauche). En coulisses, des membres de l'exécutif précédent travaillent à la construction d'une alternative. Les élus de gauche ne sont pas légion.

À condition de ne pas politiser cette assemblée comme avait su le faire Jean Dionis défait dimanche dernier, son successeur pourrait compter sur une majorité large. Mais Olivier Grima, élu de Castelculier et proche de l'ex-maire, opposant déclaré, assure qu'il a la majorité des conseils communautaires derrière lui. Prendront-ils le risque que l'Agglo dysfonctionne ?

C'est aussi une question économique : la mairie d'Agen et l'agglo font administration commune depuis 2015. Si le maire d'Agen n'est pas président de l'agglo, il faudrait possiblement rebâtir une administration distincte, ce qui coûterait beaucoup d'argent.

Mont-de-Marsan : virage à gauche

La victoire de la gauche à Mont-de-Marsan va changer la donne avec Frédéric Dutin qui est bien candidat à la présidence de l'agglomération. Il doit rencontrer les maires « individuellement et collectivement dès son installation ». L'institution a connu d'énormes soubresauts dans les mois passés, liés à la bataille fratricide entre les clans de Charles Dayot (l'ex-maire) et Geneviève Darrieussecq (ex-maire aussi et ancienne ministre).

Plus au sud, Julien Dubois, élu dans un fauteuil avec 74 % des voix, conforte son leadership sur le Grand Dax. D'autant que Saint-Paul-lès-Dax, la deuxième commune la plus importante, bascule à droite avec la victoire de Catherine Raba.

Dordogne : stabilité et suspense à Sarlat

La droite et le centre ont conquis la ville centre et plusieurs communes du Grand Périgueux. Insuffisant pour inquiéter l'incontournable communiste Jacques Auzou, ancien maire de Boulazac-Isle-Manoire. Redevenu simple conseiller municipal, il compte rester président.

Même dessein pour Frédéric Delmarès, à la tête de la Communauté d'agglomération Bergeracoise depuis 2017. Le maire de Creysse est candidat à un nouveau mandat et en bonne position pour être réélu. D'autant que Fabien Ruet, dont la liste d'union de gauche vient de remporter la ville de Bergerac, PS comme lui, le soutient.

Le jeu est plus indécis pour la Communauté Sarlat Périgord noir entre le maire PS de Proissans Benoît Secrestat, un proche du président de la Dordogne Germinal Peiro, et Basile Fanier, le nouveau maire de Sarlat. Le scrutin se jouera à quelques voix.