L'avenir d'une intercommunalité rurale en question
Alors que l'attention médiatique se concentre naturellement sur les élections municipales de mars prochain, un autre scrutin crucial se profile dans l'ombre : le renouvellement complet du conseil communautaire de la communauté de communes du Saint-Affricain, Roquefort, Sept Vallons. Cette intercommunalité du sud-ouest aveyronnais, fondée en 2017, rassemble 14 communes sur 432 kilomètres carrés pour près de 13 500 habitants.
Une présidence convoitée
Depuis 2020, Sébastien David, maire de Saint-Affrique, préside aux destinées de cette collectivité. Candidat à sa réélection municipale, il affirme sans ambages son intention de poursuivre son travail à la tête de l'intercommunalité en cas de victoire. "Je souhaite continuer notre travail qui s'étale sur une dizaine d'années", martèle l'édile, évoquant plusieurs axes de développement prioritaires.
"Nous avons plusieurs axes de développement : l'agriculture, avec les formidables atouts que représentent nos fromages en AOP ou en IGP ; le tourisme, avec la reconfiguration du village de Roquefort que nous avons entreprise ; ou encore le sport, et la construction d'infrastructures qui vont profiter à tous les habitants du territoire", détaille Sébastien David.
L'urbanisme, dossier sensible
Parmi les dossiers brûlants de la prochaine mandature, la révision du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) occupe une place centrale. Le président actuel promet une "révision d'envergure, quartier par quartier, maison par maison" pour corriger ce qu'il qualifie d'"injustices flagrantes" héritées du schéma établi en 2020.
Cette nécessité est partagée par son principal opposant, Clément Carles, candidat à la mairie de Saint-Affrique et leader de l'opposition au conseil communautaire. "Bien sûr, il faut faire évoluer le PLUi, mais dans le respect des lois", précise-t-il, faisant référence aux démêlés judiciaires de la communauté de communes concernant le domaine de Baldassé.
Deux visions pour l'avenir
Clément Carles, qui se prépare également à briguer la présidence de l'intercommunalité en cas de victoire municipale, propose une approche différente. "Le financement est important, mais l'esprit communautaire, ce n'est pas que ça !", affirme-t-il, plaidant pour un véritable projet de territoire.
Sa vision pour les six prochaines années inclut :
- Le développement d'une stratégie touristique ambitieuse de Plaisance à Roquefort
- La valorisation du patrimoine avec le château de Saint-Izaire et Saint-Affrique
- L'exploitation des possibilités offertes par l'agri-tourisme
- La relance de l'offre hôtelière après plusieurs fermetures récentes
"Nous avons besoin d'établir une relation sincère avec tous les maires, basée sur la confiance et le dialogue, car certains ne s'y retrouvent pas aujourd'hui", insiste l'élu d'opposition.
La réalité du mandat rural
Dans ce territoire où 11 des 14 communes comptent moins de 500 habitants, l'exercice du mandat municipal présente des défis spécifiques. Plusieurs maires ont d'ailleurs décidé de ne pas se représenter en mars prochain, à l'image de Pascal Rivier, qui quitte la tête de Tournemire après douze années.
"Deux mandats, je pense que c'est suffisant et puis je veux lever un peu le pied, d'autant plus que j'ai une activité professionnelle à côté", confie l'élu de 58 ans. "Il y a vraiment des aspects passionnants, mais nous avons de plus en plus de problèmes de financement, ça devient la course à l'argent !"
Malgré ces difficultés, Pascal Rivier encourage les jeunes à s'engager : "Néanmoins, j'encourage les jeunes à s'engager car c'est une expérience enrichissante par bien des aspects."
Alors que le scrutin municipal approche, l'avenir de cette intercommunalité rurale se joue sur plusieurs tableaux : la capacité à développer une stratégie territoriale cohérente, la gestion des dossiers sensibles comme l'urbanisme, et le maintien de l'engagement citoyen dans des communes souvent modestes. Les élections des 15 et 22 mars détermineront non seulement le visage des municipalités, mais aussi l'orientation de cette communauté de communes pour les six prochaines années.



