Grand Périgueux : l'élection des élus communautaires dans trois semaines, quels enjeux ?
Grand Périgueux : élection des élus communautaires, quels enjeux ?

Grand Périgueux : l'élection des élus communautaires dans trois semaines, quels enjeux ?

Dans exactement trois semaines, les noms des élus qui composeront l'Agglomération du Grand Périgueux, en Dordogne, seront officiellement connus. Cette instance, qui dispose de 83 sièges répartis entre 43 communes, se prépare à vivre un scrutin aux équilibres potentiellement renouvelés. La question centrale demeure : qui dirigera cette collectivité territoriale cruciale pour le développement du territoire ?

Un paysage politique fragmenté et en recomposition

À première vue, la situation apparaît particulièrement complexe. Le président sortant, Jacques Auzou, communiste à la tête de l'Agglo depuis 2014, doit composer avec une gauche divisée. Une douzaine d'élus de gauche n'éprouveraient pas d'affinités évidentes pour le sortant boulazacois. Cependant, Périgueux, la ville principale, est perdue pour lui, et le Parti Socialiste, que Jacques Auzou suspecte de vouloir incarner l'Agglomération, n'est pas le seul parti de gauche. Le sortant peut, lui aussi, compter au minimum sur une douzaine de soutiens acquis de ce côté-là de l'échiquier politique.

Du côté de la droite et du centre, l'élu boulazacois a certes perdu des alliés potentiels avec, notamment, la défaite de personnalités comme Philippe Ducène à Val-de-Louyre-et-Caudeau ou Antoine Audi à Périgueux. Reste à savoir si les élus censés évoluer aux antipodes du communisme parviendront à faire front commun pour présenter un candidat unique face au sortant. Le nom du maire de Coulounieix-Chamiers, Thierry Cipierre, continue de circuler dans les couloirs.

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La droite et le centre en position de force théorique

Les équilibres politiques ont indéniablement changé, admet Thierry Cipierre lui-même. Il faut encore y travailler, pour avoir une vision plus globale dans quelques jours, précise-t-il. La droite et le centre sont certes en position éventuelle de prétendre à la direction du Grand Périgueux. Mais il ne faut pas en faire un enjeu politique. Ce qui compte, c'est la répartition urbain-rural, les besoins du territoire… Il faut que la droite et la gauche discutent ensemble, dans un esprit de compromis.

La préfecture fait état de 26 élus communautaires classés à droite ou au centre dans le Grand Périgueux. Jusqu'à présent, nombre d'entre eux ont fait fi de l'étiquette politique du président, préférant évaluer sa capacité à piloter les projets concrets. Cependant, avec la victoire de Michel Cadet à Périgueux, la reconduction de Thierry Cipierre ou encore l'élection d'Éric Fallous à Trélissac, la fenêtre de tir semble réelle pour envisager une alternance à la tête de l'agglomération.

L'inconnue des nouveaux élus ruraux

Cette alternance ne pourra se concrétiser qu'à une condition : accorder tous les violons, y compris avec le Parti Socialiste, et mener une campagne active auprès des élus, notamment des nouveaux édiles ruraux. Car c'est là que réside peut-être la clé du scrutin.

De son côté, Jacques Auzou a forcément effectué ses propres calculs. Et bien malin qui peut affirmer, à ce stade, s'ils sont bons ou mauvais. D'autant qu'une dizaine de maires tout beaux, tout nouveaux, avancent soit masqués, soit sans étiquette connue du grand public. Il s'agit des maires d'Annesse-et-Beaulieu, Bourrou, Chalagnac, Fouleix, La Douze, Paunat, Saint-Paul-de-Serre, Saint-Mayme-de-Péreyrol, Salon et Sarliac-sur-l'Isle. Leurs téléphones chauffent-ils en cette période de tractations intenses ?

L'absence du Gelipp, cet attelage d'élus de tous bords réunis autour d'un projet apartisan, ajoute une autre variable à cette équation déjà complexe. La question de la gouvernance du Grand Périgueux dépasse les simples clivages politiques traditionnels et touche à l'équilibre délicat entre territoires urbains et ruraux, ainsi qu'à la capacité à porter des projets structurants pour l'ensemble des 43 communes concernées.

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