Un consensus politique inédit à La Rochelle
Dans un contexte politique local marqué par des tensions récentes, une page semble se tourner à La Rochelle. Olivier Falorni, le vainqueur divers gauche des élections municipales, a officiellement annoncé sa candidature à la présidence de la Communauté d'agglomération de La Rochelle. L'élection cruciale se tiendra le 23 avril prochain, lors de la séance d'installation du nouveau Conseil communautaire.
Les groupes d'élus renoncent à présenter un candidat
Dans un geste politique significatif, les deux principaux groupes d'élus de l'agglomération ont déclaré qu'ils ne présenteront pas de candidat face à Olivier Falorni. Jean-Luc Algay, président du groupe Cohésion territoriale de centre-droit, a été particulièrement clair : « Nous ne présenterons pas de candidat face à lui. Si Thibaut Guiraud avait été élu maire, cela aurait été différent… »
Cette position trouve également écho du côté du groupe Solidarité territoriale de Viviane Cottreau-Gonzalez, créé en 2021 lors des tensions autour du projet La Rochelle Territoire zéro carbone. Bien que des critiques aient été formulées à l'encontre de l'ancien maire Thibaut Guiraud, accusé d'avoir négligé le contact humain avec ses collègues maires, une nouvelle dynamique semble émerger.
Une réduction controversée des sièges
Le contexte institutionnel a été marqué par une décision importante concernant la composition du Conseil communautaire. Alors que Jean-François Fountaine, le président sortant, avait refusé de négocier un accord pour maintenir le nombre de conseillers à 82, l'assemblée délibérante passe désormais à 69 sièges, soit une réduction de 16%.
Cette nouvelle répartition soulève des questions d'équité territoriale, comme le souligne Viviane Cottreau-Gonzalez : « Sainte-Soulle, qui compte 5 000 habitants par exemple, ne dispose que d'un siège, comme Montroy qui n'en a que 1 000 ! Ça ne va pas. »
Un renforcement du poids de La Rochelle
La nouvelle configuration institutionnelle renforce mécaniquement le poids de La Rochelle au sein de l'agglomération. La ville disposera désormais de 31 sièges (contre 33 auparavant), mais ces sièges représenteront 45% des voix contre 40% précédemment. Cette évolution pourrait difficilement être modifiée par le nouveau maire, même si Olivier Falorni a donné « des gages » de changement selon Jean-Luc Algay.
Le président du groupe Cohésion territoriale précise : « Il a l'intention de redonner du pouvoir et de la légitimité aux maires de l'intercommunalité, c'est certain. » Cette volonté devrait se concrétiser par l'attribution de vice-présidences et de délégations, sur le modèle de ce qu'avait initié Jean-François Fountaine.
Un large soutien des maires de l'agglomération
Le soutien à Olivier Falorni dépasse largement les cercles politiques traditionnels. Durant la campagne électorale, plusieurs maires élus ou réélus de l'Agglo se sont montrés aux côtés du candidat dans l'entre-deux tours. Parmi eux figuraient notamment les maires de Nieul-sur-Mer, Lagord, Saint-Xandre, Sainte-Soulle, Angoulins, Salles-sur-Mer, Châtelaillon-Plage, Saint-Christophe, Vérines, Yves et Saint-Rogatien.
Dimanche soir, lors de la proclamation des résultats à l'hôtel de ville de La Rochelle, la présence de nouveaux maires comme Didier Proust (Puilboreau) ou Marie Tigoulet (Bourgneuf) a confirmé cette dynamique de rassemblement. Pour de nombreux observateurs, « c'est une page qui se tourne » avec l'élection d'Olivier Falorni.
Une nouvelle configuration politique
Concrètement, la majorité municipale « Pour les Rochelaises et les Rochelais » bénéficiera de 23 sièges à l'Agglo. Les autres formations politiques rochelaises se répartiront les sièges restants : cinq pour La Rochelle unie de Maryline Simoné, deux pour Une Vision pour La Rochelle de Christophe Batcabe, et un seul pour Générations La Rochelle de Thibaut Guiraud.
Les 27 autres communes de l'agglomération se partageront 36 sièges, avec des configurations variées selon les majorités locales. Parmi les nouvelles figures attendues au Conseil communautaire figurent Yohann Marot (maire d'Esnandes), Jean-Louis Terrade (La Jarne) ou encore Cédric Lafage à Périgny.
Certaines situations particulières méritent d'être soulignées, comme celle de la commune de Clavette. Ne bénéficiant que d'un siège automatiquement attribué à son nouveau maire Xavier Lannelongue, ce dernier a démissionné de ce mandat pour permettre à Sylvie Guerry Gazeau, maire sortante et numéro deux sur la liste, de continuer à représenter sa commune au sein de l'intercommunalité.
Cette élection du 23 avril s'annonce donc comme un moment charnière pour la gouvernance de l'agglomération rochelaise, avec la perspective d'une majorité déjà largement acquise au nouveau maire et la possibilité d'intégrer les groupes Cohésion territoriale et Solidarité territoriale au sein même de cette majorité.



