Une élection historique pour Bordeaux Métropole
Christine Bost, maire d'Eysines et membre du Parti Socialiste, a été élue présidente de Bordeaux Métropole ce vendredi 15 mars 2024, devenant ainsi la première femme à occuper cette fonction après cinquante-six années de gouvernance exclusivement masculine. Cette élection marque un tournant significatif pour la plus grande intercommunalité de Nouvelle-Aquitaine, qui regroupe 28 communes, près d'un million d'habitants, et dispose d'un budget de 2,16 milliards d'euros avec 6 000 salariés.
Une longue attente pour la parité
« Après tout, cela fait à peine quatre-vingts ans que nous avons le droit de vote, il ne faudrait pas aller trop vite ! » a déclaré avec humour Christine Bost quelques minutes après son élection. À 50 ans, elle devient la cinquième présidente parmi les 22 métropoles françaises, dans une agglomération bordelaise où seulement sept femmes occupent actuellement le poste de maire sur 28 communes.
Dans son premier discours, elle a souligné l'importance symbolique de cette élection : « Le simple fait d'être un peu plus visible dans le paysage ouvre de nouvelles voies. » Elle a dédié cette victoire à toutes les femmes, jeunes filles et petites filles qui pourraient s'en inspirer, qualifiant ce moment de véritable signal politique.
Une succession marquée par les circonstances
Christine Bost succède à Alain Anziani, président depuis 2020, qui a été contraint de se retirer en raison d'un double cancer, comme il l'avait annoncé dans le journal Sud Ouest le 4 mars dernier. L'ancien président, bien qu'affaibli par la maladie, a tenu à assister à l'élection de sa successeure.
Alain Anziani a d'ailleurs salué les compétences de Christine Bost : « Elle a du caractère, l'intelligence et une expérience importante. Elle a toutes les compétences, elle est prête, il faut profiter de cette chance. »
Un parcours politique bien préparé
Christine Bost ne sort pas de l'ombre pour autant. Jusqu'à présent deuxième vice-présidente de Bordeaux Métropole, cette mère de deux enfants occupe également le poste de première vice-présidente du Conseil départemental de la Gironde, où elle siège depuis 2001. Née à Bordeaux et ayant grandi à Eysines, diplômée de Sciences Po Bordeaux, elle est décrite comme franche, directe et parfois cassante.
Son nom circulait déjà pour succéder à Philippe Madrelle à la tête du Département, et elle a géré de nombreux dossiers clés au fil des années, notamment dans les domaines de la jeunesse, du développement économique, de la mobilité et de l'économie sociale et solidaire.
Les défis qui l'attendent
Devant les 104 élus métropolitains (dont 73 ont voté pour elle, dépassant ainsi la seule majorité PS-Verts-PC), Christine Bost a évoqué « le défi immense » qui attend l'intercommunalité pour les deux dernières années du mandat. Parmi les dossiers prioritaires :
- Le RER métropolitain (dont elle a signé dès ce vendredi un courrier de labélisation au ministre)
- La Zone à Faibles Émissions (ZFE)
- Le plan climat
- La gestion des déchets
Elle a décrit sa vision d'une « Métropole qui accueille, qui inclut et qui stimule », assumant « les interdépendances » avec les territoires voisins et évoquant « la vulnérabilité du territoire » face aux enjeux climatiques et aux risques technologiques, ainsi que celle « des hommes » concernant les fragilités sociales et le vieillissement de la population.
Un hommage aux prédécesseurs
Christine Bost a rendu hommage à Alain Anziani « pour tout ce que tu m'as appris sans jamais me faire la leçon, en passeur », ainsi qu'à Pierre Brana, l'ancien maire d'Eysines qui lui avait cédé sa place en 2008, qu'elle a qualifié d'« un des premiers à montrer qu'une femme est un homme comme les autres ».
Elle a conclu en exprimant son énergie, son envie et sa curiosité pour relever les défis à venir, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère pour Bordeaux Métropole après sept présidents masculins successifs : Jacques Chaban-Delmas, Michel Sainte-Marie, Alain Juppé, Alain Rousset, Vincent Feltesse, Patrick Bobet et Alain Anziani.



