La Cali face à une amputation budgétaire de 1,7 million d'euros
Le futur budget de la Communauté d'Agglomération de Libourne (Cali) subit d'ores et déjà une réduction significative de 1,7 million d'euros à la suite de la promulgation de la loi de finances pour l'année 2026. Cette contrainte financière impose des orientations budgétaires résolument tournées vers une plus grande sobriété, mais les élus locaux insistent sur l'absence de toute forme de renoncement aux missions essentielles.
« Le gouvernement a décidé de tondre les intercommunalités »
Lors de la dernière réunion du conseil communautaire de la mandature, le maire de Libourne, Philippe Buisson, n'a pas mâché ses mots dans son introduction. « Le gouvernement a décidé de tondre les intercommunalités », a-t-il lancé avec véhémence, exprimant ainsi la frustration face aux décisions étatiques. Philippe Buisson a clairement affirmé son intention de léguer à l'équipe communautaire suivante, qu'il en assume ou non à nouveau la présidence, un outil de gestion solide et une feuille de route budgétaire transparente et bien définie.
Un rapport d'orientation budgétaire sous le signe de la rigueur
Présenté ce jeudi 26 février dans la salle de fêtes d'Abzac, le rapport d'orientation budgétaire (ROB) dessine les contours des possibles adaptations face aux coupes drastiques imposées par l'État. Le document annonce sans ambages que le prochain mandat sera placé sous le sceau de la « sobriété », tout en maintenant une capacité d'action. « De la rigueur, donc, mais sans empêcher de faire », résume-t-il, soulignant la volonté de préserver les services aux administrés malgré les restrictions.
Hervé Alloy, vice-président en charge des finances, a enfoncé le clou en dénonçant une certaine incohérence des politiques nationales. « Ce n'est pas la moindre incongruité que ce plan de finances qui touche les intercommunalités dans leur compétence économique, alors que par ailleurs le gouvernement affiche un objectif affirmé de réindustrialisation », a-t-il martelé. Il a comparé la situation à recevoir des cadeaux tout en se voyant présenter la facture, illustrant le paradoxe entre les ambitions affichées et les moyens alloués.
Les impacts concrets des arbitrages étatiques
Les décisions de l'État se traduisent par des coups de rabot substantiels pour la Cali. Les arbitrages annoncés coûtent à l'intercommunalité la somme considérable de 1,4 million d'euros, principalement en raison de la baisse de la dotation de compensation liée à la réforme de la taxe professionnelle et d'autres réductions diverses. Cette somme atteint 1,7 million d'euros lorsque l'on ajoute d'autres recettes moindres et des dépenses nouvelles imposées, alourdissant davantage le fardeau financier.
Le maire de Guîtres a replacé le contexte des six années du mandat écoulé, marquées par des crises successives : la pandémie de Covid-19, la hausse vertigineuse des coûts de l'énergie suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et l'inflation persistante qui en a découlé. Malgré ces défis, Hervé Alloy a rappelé que la Cali a respecté ses engagements budgétaires, avec une épargne nette atteignant près de 1,6 million d'euros fin 2025, un ratio d'endettement maintenu à 6,5, un fonds de roulement excédant les 5 millions d'euros, et une fiscalité des ménages stable depuis 2018.
Cependant, cette situation financière relativement saine pourrait être sérieusement compromise par les baisses de dotations. « Notre épargne nette, si nous ne faisons rien, deviendrait négative, ce qui mettrait en danger nos équilibres », a mis en garde l'élu, soulignant l'urgence d'ajustements.
Une période de transition et de gestion prudente
Face à des recettes en baisse, la Cali se prépare à réduire ses dépenses, tout en cherchant à éviter l'arrêt de politiques essentielles pour les administrés. « Nous n'en lancerons cependant pas de nouvelles cette année. Nous ne prendrons pas non plus de nouvelles compétences. Et nous limiterons nos recrutements au strict nécessaire », a assuré Hervé Alloy. Dans le cadre du ROB, il propose une augmentation des charges limitée à seulement 0,8 %, une projection rendue possible par le ralentissement naturel des projets en période de renouvellement électoral.
Malgré les contraintes, l'élu estime que cet objectif constitue un « challenge gagnable », avec une épargne nette positive projetée à 500 000 euros, un ratio de désendettement de 10,3 ans et des emprunts limités à 3,7 millions d'euros. « Ce rapport n'est cependant pas un rapport de recul ou de renonciations. Mais un rapport de combat face à l'incohérence du budget de l'État, un rapport de gestion, de pause et de transition… », a-t-il conclu, fixant rendez-vous après les élections pour la suite des décisions.



