Agglo de Béziers : le plaidoyer de Frédéric Lacas pour une réunification des communes
À quelques jours de l'installation du nouveau conseil communautaire de l'Agglo Béziers Méditerranée, prévue le 7 avril, Frédéric Lacas, maire de Sérignan, lance un appel à l'apaisement et à la réunification. Six ans après avoir échoué face à Robert Ménard lors de l'élection à la présidence de l'intercommunalité, il adopte une posture résolument conciliante.
Un changement de cap stratégique
En 2020, après sa défaite, Frédéric Lacas avait décidé de ne pas siéger au conseil d'Agglo, qualifiant l'instance de « chambre d'enregistrement ». Aujourd'hui, il affirme avoir « largement tourné la page » et reconnaît la légitimité de Robert Ménard, réélu maire de Béziers. « J'ai félicité Robert Ménard pour son résultat, cela prouve que les Biterrois sont satisfaits de son action. Il est légitime et c'est donc normal qu'il soit président de l'Agglo », déclare-t-il.
Son discours est désormais axé sur la collaboration : « Il faut qu'on travaille ensemble pour l'intérêt général et le bien des habitants, que l'on parte sur des bases apaisées, que tous les maires reviennent à la table de l'exécutif. » Une position soutenue par ses élus, selon lui.
Le retour des communes exclues dans l'exécutif
Frédéric Lacas plaide activement pour le retour des six communes qui n'étaient pas représentées au bureau exécutif lors de la mandature précédente : Sérignan, Valras-Plage, Sauvian, Valros, Lignan-sur-Orb et Espondeilhan. « Quand on voit ce qui se passe à l'Assemblée nationale, on se dit qu'il est temps de se remettre tous autour d'une table », argue-t-il, en référence aux tensions politiques nationales.
Il confirme être prêt à réintégrer la majorité, d'où il estime avoir été exclu ces dernières années. « On peut avoir des personnalités différentes, ne pas être tout le temps d'accord sur les actions, mais là, il s'agit de servir les Biterrois, l'intérêt général, le vivre-ensemble », insiste-t-il.
Les conséquences de l'exclusion et les priorités territoriales
Le maire de Sérignan admet que son absence des instances décisionnelles a pu porter préjudice à sa commune, notamment dans le domaine des transports. Il cite l'exemple du nouveau quartier de La Galine, où certains habitants doivent prendre jusqu'à trois bus pour se rendre en ville. « Il faut donc qu'on arrive à se parler dans l'intérêt des habitants », souligne-t-il.
Concernant les dossiers prioritaires pour l'Agglo, Frédéric Lacas identifie plusieurs enjeux :
- La santé : « On est sous-doté dans le Biterrois, en particulier sur le littoral. Cet été, on s'est retrouvé avec trois médecins pour 120 000 habitants : ce n'est pas acceptable. »
- Le tourisme et la viticulture : « C'est une de nos deux forces avec le territoire viticole. On pourrait potentialiser notre tourisme. » Il déplore l'arrêt de l'aménagement du port environnemental de Sérignan, malgré des financements prêts.
- La Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et l'accompagnement des viticulteurs, notamment face à la salinité des terres.
Pas de candidature à la présidence, mais un engagement renouvelé
Frédéric Lacas écarte toute candidature à la présidence de l'Agglo le 7 avril, contrairement à 2020. « Non, je ne serai pas candidat. Si d'autres veulent y aller, ce n'est plus ma démarche », affirme-t-il. Il met en avant son bilan passé, rappelant que « 99 % de mes délibérations ont été votées à l'unanimité » lors de son mandat précédent à la tête de l'intercommunalité.
Il cite également son rôle dans l'installation de Genvia, un projet pilote sur l'hydrogène vert sur le site de la Cameron, réalisé en collaboration avec Carole Delga et Robert Ménard. « Je ne cherche pas à m'octroyer la gloire en disant ça. Le but : c'est de travailler pour son territoire », précise-t-il.
Malgré des propos critiques tenus lors du dernier conseil d'Agglo, où il avait dénoncé un « déni de démocratie », Frédéric Lacas assure que sa position fondamentale n'a pas changé. « Ce qui me plairait, c'est de revenir dans l'exécutif pour participer aux réunions qui se font avec les maires », explique-t-il, tout en réitérant sa reconnaissance de la légitimité de Robert Ménard.
En conclusion, il appelle à une mobilisation collective : « On est en situation de crise, quand on voit ce qui se passe à l'Assemblée nationale, il faut se mettre autour de la table pour tirer le meilleur de l'Agglo, être constructifs et ouverts. » Un message d'unité qui pourrait redéfinir les dynamiques au sein de l'intercommunalité biterroise.



