Une élection cruciale pour l'avenir du Seignanx
Dans le sud des Landes, la présidence de la communauté de communes du Seignanx suscite des convoitises et des tensions politiques palpables. Cette intercommunalité, qui rassemble huit communes dont trois villes et cinq villages, se prépare à un scrutin déterminant le mercredi 22 avril 2026. À cette date, les trente-trois élus communautaires devront choisir l'exécutif qui dirigera l'institution pour le mandat à venir.
Deux candidats pour un fauteuil
Isabelle Dufau, élue sortante de Tarnos et présidente actuelle du Seignanx, brigue un deuxième mandat. Face à elle, Julien Fichot, maire de Saint-Martin-de-Seignanx, a également officialisé sa candidature. Cette double candidature crée une situation inédite sur ce territoire, où la gouvernance a été dominée par Tarnos pendant vingt-et-une années.
Isabelle Dufau justifie son engagement par les résultats des élections municipales de 2026, qui ont profondément modifié le paysage politique local. « On ne peut plus réfléchir comme en 2020 », affirme-t-elle, pointant du doigt l'entrée de six délégués de la majorité ondraise au sein de l'assemblée communautaire. Pour les onze élus du groupe majoritaire tarnosien, « il est impossible de siéger dans un bureau communautaire à côté d'une équipe ondraise marquée idéologiquement à droite, voire à l'extrême droite ».
Le retour de Patrick de Casanove comme élément perturbateur
Le retour de Patrick de Casanove à la mairie d'Ondres après les municipales de 2026 rebat considérablement les cartes. Bien qu'il affirme « ne pas être candidat à la présidence », le maire d'Ondres se positionne en « aidant de principe » et déclare être « prêt à coopérer ». Sans reconnaître ouvertement son statut de faiseur de roi, il ambitionne d'obtenir « au moins une vice-présidence pour Ondres » dans la future équipe dirigeante.
Cette demande s'adresse particulièrement aux deux candidats déclarés. Isabelle Dufau voit dans cette situation un choix politique clair : « Nous allons avoir le choix entre une union des gauches, en faveur d'une politique sociale, ou une personne qui remet en cause le PLUi et la construction de logements sociaux ! »
Les arguments de Julien Fichot pour un compromis territorial
Julien Fichot, quant à lui, avance des arguments historiques et géographiques pour justifier sa candidature. Le maire de Saint-Martin-de-Seignanx souligne que « cela serait curieux d'avoir une double candidature communiste et socialiste sur le territoire », suggérant la nécessité d'une entente avec Isabelle Dufau.
Il rappelle plusieurs éléments importants :
- Saint-Martin-de-Seignanx a été chef-lieu de canton par le passé
- La ville fait le lien entre les communes littorales et celles de l'intérieur
- En trente-trois ans d'existence de l'intercommunalité, la présidence n'est jamais revenue à Saint-Martin
« L'importance de Tarnos n'est pas remise en cause », concède Julien Fichot, « elle doit se refléter dans le nombre de vice-présidences accordées à cette ville. Mais ce n'est pas utopique de proposer un compromis territorial. »
Un mois de délai pour des négociations cruciales
Le premier Conseil communautaire se tiendra un mois après le deuxième tour des élections municipales de 2026, un délai qui peut sembler long mais qui s'explique par la complexité des négociations en cours. Ce temps supplémentaire permettra aux différentes forces politiques de trouver des compromis et de former des alliances déterminantes pour l'avenir du territoire.
Les enjeux sont multiples : gouvernance territoriale, répartition des vice-présidences, orientation politique des projets communautaires, et surtout, la capacité des élus à travailler ensemble malgré leurs différences idéologiques. Le vote du 22 avril 2026 s'annonce donc comme un moment décisif pour l'avenir du Seignanx et de ses huit communes membres.



