Un duel municipal pour l'avenir de Sauveterre-de-Béarn
À Sauveterre-de-Béarn, l'élection municipale s'annonce comme un affrontement serré entre le maire sortant, Michel Casamayor, et l'ancien conseiller municipal d'opposition, Guy Perez. Les deux candidats briguent le fauteuil de maire avec des visions distinctes pour l'avenir de la commune, notamment concernant les grands aménagements urbains. Michel Casamayor conduit la liste Sauveterre en aban, qui assume le bilan de l'ancien maire Jean Labour, décédé fin novembre. En face, Guy Perez mène la liste Sauveterre d'avenir, promettant un renouveau dans la gestion locale.
Divergences majeures sur les aménagements urbains
Si les deux candidats s'accordent sur la nécessité d'une gouvernance plus participative et d'une meilleure communication avec les habitants, leurs projets pour la ville divergent radicalement sur deux points clés : la place royale et les hangars municipaux. Guy Perez critique sévèrement la requalification des places publiques, qu'il estime ratée et non unanime parmi les Sauveterriens. Il propose de construire une halle couverte et ouverte sur la place royale, destinée à accueillir le marché près de l'office de tourisme. Cette halle intégrerait des flux de circulation dans le centre-bourg, créant une zone de rencontre entre piétons et voitures.
À l'inverse, Michel Casamayor défend une approche plus conservatrice. Il ne souhaite pas modifier la place royale, largement ouverte, si ce n'est pour ajouter des points de végétalisation et, ponctuellement, du parking adapté à sa configuration. Il insiste sur la préservation de la perspective sur les Pyrénées, un atout paysager majeur pour la commune.
Le projet de médiathèque et l'avenir des hangars
Un autre sujet de discorde oppose les candidats : l'utilisation des hangars municipaux. Guy Perez envisage d'y installer une médiathèque à vocation intracommunautaire, accompagnée d'une maison des associations, pour répondre aux demandes de la population. En revanche, Michel Casamayor préfère conserver les hangars en l'état, en les transformant en un espace multifonctionnel et polyvalent, avec de nombreux événements déjà programmés. Il propose la création d'un comité de pilotage, composé d'élus et d'associations, pour statuer sur leur vocation future. Il souligne également l'importance de la refonte de la rue Léon-Bérard en zone de rencontre pour les usagers.
Convergences sur l'habitat et la CCBG
Malgré leurs divergences, les deux listes partagent des préoccupations communes, notamment sur le thème de l'habitat. Guy Perez prône un habitat inclusif avec un autofinancement raisonnable pour éviter d'endetter la commune. Michel Casamayor met en avant la rénovation des logements de fonction de l'école primaire, visant à améliorer le cadre de vie sans alourdir les finances locales.
Les candidats s'accordent aussi sur l'importance stratégique de la Communauté de communes du Béarn des gaves (CCBG). Michel Casamayor insiste sur la nécessité de revendiquer plusieurs vice-présidences au sein de la CCBG, dont les compétences sont larges et influencent de nombreuses décisions locales. Guy Perez rejoint cette position, soulignant que pour lutter contre le déficit démocratique et profiter des mécanismes de subventions, l'ancien canton doit être suffisamment représenté.
Projets à long terme et vision de la commune
Guy Perez se projette au-delà d'un seul mandat, avec l'ambition d'asseoir durablement son programme de transformation. En contraste, Michel Casamayor adopte une approche plus prudente, évitant les gros investissements qui pourraient endetter la commune. Il met en avant la qualité de vie à Sauveterre-de-Béarn, déjà dotée de services médicaux et de plusieurs commerces. Sa priorité est de protéger ce cadre de vie pour pérenniser la vitalité du territoire, en privilégiant des aménagements modérés et respectueux de l'environnement.
Cette élection municipale cristallise ainsi un débat fondamental pour l'avenir de Sauveterre-de-Béarn : faut-il opter pour une transformation audacieuse ou préserver l'existant avec des ajustements ciblés ? Les électeurs devront trancher entre ces deux visions, qui reflètent des conceptions différentes du développement local et de la gestion communale.



