Sarlande : un village de 430 habitants divisé par trois listes aux municipales
Pour la première fois de leur histoire, les 430 habitants de la commune de Sarlande, située aux confins de la Dordogne et de la Haute-Vienne, devront choisir entre trois listes pour les élections municipales. Ce petit village, perdu sur la D704 entre Saint-Yrieix-la-Perche et Lanouaille, vit une situation inédite qui fait parler les communes voisines.
Un dernier commerce au cœur des débats
L'Oasis, le dernier commerce de Sarlande, est le lieu où se rejoignent travailleurs de la zone, riverains habitués et camionneurs de passage. Éric, le gérant du restaurant, écoute depuis onze ans les doléances des clients midi et soir. « Ça fait parler les communes voisines ces élections. Dans les villages autour il n'y a pas ça », admet-il. Avec quasiment 10% des votants souhaitant être élus, l'engouement est palpable.
Des familles divisées mais soudées
Dans ces trois équipes, des familles se divisent. Des cousins s'affrontent, et une mère se retrouve même face à son fils. Sandrine Tallet, tête de liste d'Écoute et solidarité, vit avec son fils Arthur Philippe, présent sur la liste Sarlande avec vous menée par Thierry Tallet, cousin de Sandrine. « En tant que maman, je pensais qu'il allait me suivre, mais il a préféré aller avec mon cousin », sourit la mère. Malgré des discussions animées, la famille en rigole aujourd'hui.
William, maçon et habitant depuis trois ans, met en garde : « Ne cherchez pas le scoop ». Pour lui, c'est plutôt l'attractivité du bourg qui préoccupe. « Sarlande est oubliée. On a besoin de changement. Cet engouement pour la politique, je trouve ça hyper intéressant. Ce n'est pas la "guéguerre" et ça prouve que les gens ont envie de changer les choses ».
Trois listes aux origines communes
Thierry Tallet est le premier à s'être manifesté, suivi de sa cousine Sandrine Tallet en binôme avec Cyril Vergne. Puis Olivier Joachim a rejoint la course avec Unis et déterminés pour Sarlande, liste soutenue par le maire sortant Alain Meyzie, qui ne se représente pas après trois mandats. La surprise vient de ce que les deux premières listes formaient initialement une seule équipe.
Cyril Vergne explique : « Il y a eu un clivage alors qu'on était d'accord pour ne pas parler de politique politicienne. Mais ça nous a rattrapés ». Le candidat s'est vu coller « une image d'écologiste voire d'activiste », en lien avec son opposition à un projet d'éoliennes. Face à lui, Thierry Tallet se placerait plutôt de l'autre côté de l'échiquier politique.
Des projets similaires malgré les divisions
À l'entrée du bourg, trois vieux amis partagent l'apéritif. Alain, Laurent dit « Gégé » et Laurent « dit Laurent » analysent la situation. « Si le maire s'était représenté, il n'y aurait eu qu'une liste », assure l'un d'eux. Alain est convaincu que les trois candidats ont « senti le vent tourner et ont eu de l'appétit ».
Les pronostics vont bon train dans le village. Un candidat va « plutôt plaire aux anciens », un autre nécessite de « oser » voter, et le troisième suscite des questions sur sa capacité. Alain philosophe : « On retrouve, à une petite échelle, la coloration de l'Assemblée nationale ».
Malgré ces divisions, les listes se retrouvent sur un point essentiel : « On a tous à peu près les mêmes projets et la cohabitation se passera très bien ». Sandrine Tallet et son cousin Thierry travaillent même ensemble au sein du Comité des fêtes, prouvant que la vie du village continue au-delà des clivages politiques.
Rendez-vous est pris les 15 et 22 mars pour que les 430 habitants de Sarlande décident de l'avenir de leur commune, dans une élection qui, malgré son caractère local, reflète les dynamiques politiques plus larges de la région.



