Un maire viticulteur face aux défis des communes rurales
À Foissac, petite commune de 445 habitants située dans l'Uzège entre Nîmes et Alès, Joël Amalric cultive une double vie. Âgé de 57 ans, ce viticulteur exploitant une centaine d'hectares de vignes est également le premier magistrat de la localité. Alors que de nombreux maires jettent l'éponge face aux difficultés croissantes, lui se représente avec conviction pour un troisième mandat aux élections municipales de 2026.
La persistance d'une tradition en déclin
En France, les agriculteurs représentent encore près de 12% des maires selon une étude menée en 2025 par l'Association des maires de France et le Cevipof. Un chiffre qui marque un net recul par rapport aux années 1970 où ils constituaient 40% des édiles municipaux. Joël Amalric appartient à cette catégorie d'élus ruraux qui maintiennent vivante une tradition séculaire tout en faisant face aux réalités contemporaines.
« Dans ma famille, on est dans la commune depuis 1699 », confie le maire dont les deux filles sont également installées à Foissac. Cet ancrage profond dans le territoire explique en partie son engagement persistant malgré les incertitudes budgétaires et les défis de la politique agricole.
Une gestion municipale pragmatique
La mairie de Foissac, restaurée avec soin, fonctionne avec une équipe réduite mais efficace. Deux secrétaires officient presque à temps plein avec 33 heures hebdomadaires, tandis qu'une salariée est employée 17 heures pour les tâches de ménage. « Le reste, la plomberie, le nettoyage de la voirie, on délègue à des prestataires de services, c'est plus flexible », explique Joël Amalric.
Cette organisation permet de maîtriser les finances communales tout en assurant un service public de qualité. « Et ça soulage nos finances. Ensuite, nous, les élus, on donne beaucoup. Ça ressemble parfois à du bénévolat. Pour la cérémonie du 8-Mai et toutes les autres, on se retrousse les manches », ajoute-t-il avec une pointe de fierté dans la voix.
La conciliation de deux vies exigeantes
La journée type de Joël Amalric illustre parfaitement le défi de concilier ces deux responsabilités. Un samedi de février, après avoir démarré à l'aube la taille de ses vignes, il rejoint en seconde partie de matinée la mairie pour ses fonctions d'édile. Cette alternance constante entre l'activité agricole et la charge municipale demande une organisation rigoureuse et un engagement sans faille.
Malgré les difficultés rencontrées par de nombreux collègues maires agriculteurs qui abandonnent leur mandat, Joël Amalric trouve dans cette double fonction une source d'épanouissement. Son attachement affectif à ce village gardois, son histoire familiale profondément enracinée dans le territoire, et sa volonté de servir sa communauté le poussent à poursuivre l'aventure municipale.
Les élections municipales de 2026 constitueront ainsi un test important pour cette figure emblématique du monde rural français, à un moment où les communes de petite taille doivent faire face à des défis multiples : désertification des services publics, contraintes budgétaires croissantes, et adaptation aux nouvelles politiques agricoles et environnementales.



