Les candidats au Palais Rohan à la conquête des vignerons bordelais
En cette semaine de février, la scène politique bordelaise s'est déplacée à Paris, où deux prétendants sérieux à la succession au Palais Rohan ont activement courtisé les représentants de la filière viticole girondine. Le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic, et le député Thomas Cazenave, candidat de la droite et du centre, ont profité du salon international Wine Paris, inauguré par le président Emmanuel Macron, pour renforcer leurs liens avec ce secteur économique majeur.
Pierre Hurmic, le maire ambassadeur du « bordeaux »
Pierre Hurmic, qui se présente comme « le maire de Bordeaux et aussi celui du bordeaux », a fait de sa présence annuelle au salon un rituel. Il y rencontre une diversité d'acteurs, des grands crus classés aux vins dits pirates et biologiques. « Ils ne me connaissaient pas, je ne les connaissais pas », confie-t-il en évoquant ses débuts, avant d'ajouter : « Désormais, nous avons une relation suivie. »
Durant son mandat, l'édile a pris des mesures symboliques fortes, comme le remplacement du champagne par du crémant bordelais lors des réceptions municipales. Il a également soutenu l'opération Bordeaux se met au verre, visant à promouvoir les vins locaux. Soucieux d'associer la filière à sa « diplomatie des villes », il s'est fait accompagner par des représentants du vin lors de déplacements internationaux, notamment à Los Angeles au printemps 2025.
Thomas Cazenave, le défenseur historique du secteur
De son côté, Thomas Cazenave, après avoir accompagné Emmanuel Macron à l'inauguration, s'est rendu sur le stand de l'Union des grands crus bordelais. Le candidat, qui a placé Laure de Lambert Compeyrot, propriétaire du château Sigalas Rabaud, en position de colistière, affirme avoir « toujours défendu le secteur » à l'échelle nationale.
« Bordeaux est lié à la filière par son histoire et son activité », souligne-t-il, mettant en avant non seulement le négoce, mais aussi toute l'économie périphérique autour de la barrique et des bouchons. Pour lui, le maire de Bordeaux doit incarner l'ambassadeur de cet univers viticole et rester aux côtés de ses acteurs.
Une filière viticole, pilier incontournable de l'économie bordelaise
Si le château Les Carmes Haut-Brion est la seule propriété administrativement située à Bordeaux, avec seulement quelques rangs de vigne, la filière viticole demeure un pilier économique essentiel pour la métropole. Cette importance explique la mobilisation des candidats, alors que d'autres prétendants, comme Philippe Dessertine ou Julie Rechagneux, ont décliné l'invitation.
Les rencontres parisiennes ont ainsi permis aux deux hommes de réaffirmer leur engagement envers un secteur qui, au-delà du prestige, génère des emplois et une dynamique commerciale cruciale pour la région. Dans la course à la mairie, le soutien de la filière viticole pourrait s'avérer décisif, tant son influence économique et culturelle pèse sur l'identité bordelaise.



