Bretagne : les syndicats dénoncent une mutation forcée d'une agente de la DREAL sur le dossier nitrates
Mutation forcée d'une agente DREAL en Bretagne sur les nitrates

Bretagne : une agente de l'environnement mutée de force sur le dossier des nitrates

La situation environnementale en Bretagne connaît un nouveau rebondissement préoccupant. Les syndicats dénoncent avec force la mutation forcée d'une agente de la Direction régionale de l'Environnement (DREAL) Bretagne, particulièrement engagée dans la lutte contre la pollution aux nitrates. Cette décision administrative est perçue comme une sanction déguisée, révélant les tensions persistantes autour de la qualité de l'eau dans la région.

Une sanction déguisée selon les organisations syndicales

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de l'Agriculture, plusieurs syndicats dont le Syndicat national de l'environnement (SNE), la FSU, la CGT, l'Unsa et FO ont dénoncé cette mesure. Ils y voient « une sanction disciplinaire déguisée » visant une fonctionnaire reconnue pour son implication dans l'application des réglementations environnementales. « Cette personne essaye d'appliquer la réglementation et elle est écartée car ses positions ne conviennent pas à la profession agricole », précise la FSU, soulignant ainsi les pressions exercées par le secteur agricole.

Les organisations syndicales alertent sur une séquence de reculs environnementaux inquiétants, marquée par une eau de plus en plus polluée, une démobilisation des agents de l'État et l'effondrement des écosystèmes. Elles demandent l'annulation immédiate de cette mutation, considérant qu'elle sape les efforts de protection de l'environnement.

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Le contexte d'une pollution persistante aux nitrates

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de pollution chronique aux nitrates en Bretagne, à l'origine de la prolifération des algues vertes. Malgré des améliorations globales de la qualité des eaux, les concentrations dans les rivières restent trop élevées, notamment en raison de l'usage intensif de pesticides. La Cour des comptes avait déjà pointé du doigt l'insuffisance des actions de l'État dans ce domaine.

Les associations environnementales dénoncent régulièrement un manque de moyens et de volonté politique, dans une région où l'agriculture intensive et l'industrie agroalimentaire pèsent lourd. Le livre Silence dans les champs, prix Albert Londres 2023, a largement documenté les pressions exercées par les lobbys agricoles, une réalité que les syndicats de la DREAL critiquent ouvertement.

La préfecture se retranche derrière le caractère interne de l'affaire

Contactée pour commenter cette affaire, la préfecture d'Ille-et-Vilaine a refusé de s'exprimer, arguant qu'il s'agissait « d'un sujet interne qui n'est pas lié à une politique publique ». Cette position contraste avec les préoccupations exprimées par les syndicats et les élus locaux, qui y voient un symptôme des difficultés à faire appliquer les réglementations environnementales.

Des pressions agricoles qui influencent les politiques publiques

La question de la protection de l'eau est plus que jamais brûlante en Bretagne. Récemment, la FNSEA a exercé des pressions sur l'État pour faire annuler le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de la Vilaine, en préparation depuis trois ans. Les préfets de Bretagne et des Pays-de-la-Loire ont cédé, demandant un réexamen du texte.

De nombreux élus ont soutenu l'adoption de ce SAGE, dénonçant le renoncement de l'État face aux pressions du syndicat agricole majoritaire. Cette affaire de mutation forcée vient ainsi s'ajouter à une série d'épisodes illustrant les tensions entre impératifs environnementaux et intérêts agricoles, dans une région où les échouages d'algues vertes, comme à Port à la Duc dans les Côtes-d'Armor, restent un problème récurrent.

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