Le Rassemblement national progresse en Bretagne, Rennes résiste
Le RN progresse en Bretagne, Rennes résiste

Le Rassemblement national étend son influence en Bretagne

Fougères n'est plus un cas isolé en Bretagne. En 2014, cette commune d'Ille-et-Vilaine avait été la première de la région à accueillir des élus du Front national dans son conseil municipal. Après son changement de nom en Rassemblement national, le parti d'extrême droite a réitéré son succès en 2020 en remportant deux sièges supplémentaires dans cette ville moyenne de plus de 20 000 habitants. Pendant longtemps, la Bretagne est restée une région hostile aux idées portées par les Le Pen et leurs partisans.

Une percée confirmée lors des scrutins récents

Même si la vague bleu marine frappe avec moins d'intensité qu'ailleurs, les lignes politiques bougent sensiblement. Le Rassemblement national confirme à chaque élection sa progression sur des terres armoricaines historiquement modérées. Lors des élections européennes de 2024, la liste menée par Jordan Bardella est arrivée en tête dans les quatre départements bretons avec 25,59 % des voix. « Un séisme », commentait alors l'eurodéputé RN Gilles Pennelle. La même année, sans parvenir à décrocher un siège de député, le parti d'extrême droite s'est qualifié pour le second tour des législatives dans 26 des 27 circonscriptions bretonnes, arrivant même en tête dans cinq d'entre elles.

L'ancrage local se renforce lors des municipales

Fort de ces résultats encourageants, le RN ambitionnait d'accentuer son implantation locale lors du premier tour des élections municipales en présentant douze listes en Bretagne. Bien que la conquête d'une ville reste un objectif lointain, le parti semble avoir réussi son pari. À Vannes et dans la petite commune de Guiscriff dans le Morbihan, où le scrutin a été décidé dès le premier tour, deux candidats RN sont déjà assurés de siéger au conseil municipal. Ils ne seront pas les seuls.

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Dans presque toutes les villes bretonnes où il était présent, le parti participera au second tour, ses candidats ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés. C'est le cas à Brest, deuxième plus grande ville bretonne et bastion socialiste, où Yves Pagès a totalisé un peu plus de 11 % des voix. La situation est similaire à Saint-Brieuc, Quimper et Saint-Malo, où le RN prépare son entrée au conseil municipal. À Lorient, la liste a doublé son score de 2020 avec 15,81 % des suffrages. À Lannion dans les Côtes-d'Armor, où le RN se présentait pour la première fois, la candidate Blanche Le Goffic réalise le meilleur score régional après Fougères avec 18,99 % contre 21,22 %.

Rennes demeure un bastion de résistance

« D'excellents résultats », se félicite Gilles Pennelle, pour qui « le Rassemblement national est maintenant une force incontournable en Bretagne. » Cependant, cette affirmation ne s'applique pas à Rennes, où le RN a une nouvelle fois échoué. Visant le second tour, Julien Masson le suivra à la télévision après la gifle électorale reçue dans la capitale bretonne avec seulement 6,67 % des voix. Ce score confirme le statut de Rennes comme la ville la moins RN de France.

La maire sortante Nathalie Appéré, arrivée en tête dimanche soir, s'en réjouit ouvertement. « À rebours des dynamiques nationales, Rennes prouve une nouvelle fois qu'elle est une ville de gauche », a-t-elle déclaré. « Nous résistons à la montée des idées conservatrices et réactionnaires. »

Les résultats détaillés des municipales

Retrouvez les résultats des élections municipales de votre commune les 15 et 22 mars 2026 sur 20 Minutes. La progression du Rassemblement national en Bretagne marque un tournant politique significatif, tandis que Rennes incarne une résistance persistante face à cette montée.

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