Un Rafale survole sa maison et arrache les tuiles de son toit : le propriétaire doit payer les dégâts de sa poche
Le tribunal judiciaire de Lyon a classé sans suite l’affaire. Le retraité n’a pas contesté cette décision.
Le 4 juillet 2025, la toiture de Marcel Mûre a été endommagée par un avion de chasse volant à basse altitude, à Virieu-le-Grand, dans l’Ain. Une vingtaine de tuiles ont été projetées dans son jardin. Un incident s’élevant à 1 500 euros de dégâts que le retraité ne se fera pas rembourser, sa plainte ayant été classée sans suite.
Ce jour-là, vers 15 h 45, alors que le territoire traverse un épisode de canicule, Marcel Mûre est dans sa maison, volets fermés, afin de profiter d’un peu de fraîcheur. Lorsque, tout à coup, un Rafale passe au-dessus de sa maison. Une demi-heure plus tard, l’octogénaire se rend dans son jardin et découvre les dégâts. "Des débris de tuiles aspirées et projetées de partout. La plus éloignée était à 18 mètres de là", explique le retraité au Progrès.
"Il y aurait eu un mort"
Un incident qui aurait pu être dramatique, puisqu’un mois avant le passage de l’avion, toute sa famille était réunie dans le jardin. "Il y aurait eu un mort, car quand des avions passent, on n’a pas le temps de réagir", indique Marcel Mûre. Immédiatement, l’octogénaire effectue un premier constat et trois gendarmes interviennent, pensant qu’une pièce de l’avion était tombée, au vu de l’ampleur des dégâts.
Le soir même, l’homme change la vingtaine de tuiles projetées, tandis qu’un charpentier refait la sous-toiture quelques jours plus tard. Mais problème : son assurance ne couvre pas ce genre de sinistre. Les 1 500 euros de dégâts sont à sa charge.
Classée sans suite
Marcel Mûre porte alors plainte à la gendarmerie de Culoz. En avril dernier, le tribunal judiciaire de Lyon classe sans suite l’affaire "au motif que les faits dénoncés ou révélés dans le cadre de cette procédure ne sont pas punis par un texte pénal". L’octogénaire ne conteste pas la décision de justice. Son témoignage n’est pas sans rappeler d’autres, relayés par le quotidien régional. Chute à vélo, crises… Certains habitants de la région disent avoir été impactés par le survol en basse altitude d’avions de chasse.
Des exercices nécessaires et réglementés
Contacté par le journal, le ministère des Armées justifie que "ces entraînements s’inscrivent dans un cadre réglementaire strict. Les zones concernées sont définies pour limiter autant que possible l’impact sur les populations, en privilégiant les secteurs les moins densément peuplés". En cas de dommages liés au passage d’un avion militaire, des recours sont possibles auprès des services compétents du ministère des Armées.



