Le deuxième conseil municipal de La Rochelle, lundi 27 avril, a été marqué par des échanges vifs entre le maire Olivier Falorni et l’opposition de gauche. La traditionnelle photo de « famille », qui a dû être refaite dans la cour de l’hôtel de ville pour inclure tous les élus, n’a pas apaisé les tensions. Un mois après son installation, le conseil municipal s’est retrouvé au complet, avec l’ancien maire Thibaut Guiraud et Brigitte Desveaux, pour aborder les délibérations habituelles de début de mandat.
Représentations et étiquettes politiques
Olivier Falorni a soumis au vote les représentations dans diverses commissions et instances : conseils de secteur, conseil de surveillance de l’hôpital, sociétés d’économie mixte (Citin, La Rochelle Tourisme et Événements), régie du port de plaisance, régie des pompes funèbres, etc. Olivier Godin, pour l’opposition de gauche La Rochelle Unie, a interrompu la litanie pour regretter que les étiquettes politiques n’apparaissent pas sur le trombinoscope du site de la Ville. « Cela entretient la confusion politique », a-t-il estimé. Non encarté, il a attaqué le maire sur sa gauche, citant François Mitterrand : « le centre, que vous incarnez, n’est ni de gauche ni de gauche. » Olivier Falorni a répondu : « Vous n’avez pas le monopole de la gauche », précisant que trois composantes de gauche ont soutenu sa candidature : Place publique, le PRG et La Convention. Il a ironisé : « Je crois que LFI n’a même pas appelé à voter pour vous au deuxième tour, c’est dire si la gauche est unie… »
Échanges tendus et questions de genre
Le numéro de duettistes entre les deux professeurs d’Histoire-Géographie s’est poursuivi au fil des délibérations. Bruno Léal, de retour au conseil mais toujours dans l’opposition de centre-droit, a tenté de détendre l’ambiance en s’adressant à Olivier Godin : « Vous occupez la place que j’ai moi-même occupée. Peut-être êtes-vous victime d’une droitisation… » Le mot a fait son effet, très brièvement. Léa Crestois (La Rochelle Unie) a relevé les différences de représentations entre élues et élus selon les délégations : les uns aux finances, aux affaires générales, aux marchés publics, aux sports ; les unes à l’éducation, à la petite enfance, à la jeunesse, à la restauration scolaire… « Je ne sais pas si vous auriez pu faire plus genré », a-t-elle pointé. « Caricature ! Appelez-moi Donald Trump aussi », s’est agacé Olivier Falorni, accusant Léa Crestois de mélanger les thèmes de l’égalité et des violences faites aux femmes. Maryline Simoné est venue au soutien de sa colistière, et le maire lui a servi et resservi du « Madame l’inspectrice générale » en rappelant son amitié avec Ségolène Royal. Aya Koffi, nouvelle adjointe, a clos le débat : « J’ai la délégation des anciens combattants, je la voulais. » Soraya Ammouche a espéré que la délégation de la lutte contre les discriminations, inédite à La Rochelle, ne sera « pas symbolique ».
Logement, urbanisme et indemnités
Clément Cunin a relancé le débat sur le logement et l’urbanisme, invitant la majorité à poursuivre la régulation des meublés de tourisme et l’encadrement des loyers. Il a remarqué le dernier vote du député Falorni sur la suppression des zones à faible émission (ZFE) dans le cadre du projet de loi de « simplification de la vie économique ». Olivier Falorni a annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel avec d’autres collègues : « C’est un cavalier législatif, ces mesures vont être retoquées. » Frédéric Milhiet, premier adjoint, a glissé que deux salves de mesures seront lancées sur le logement à l’échelle communautaire en septembre et décembre. La Rochelle Unie a voté contre la délibération sur les indemnités. Olivier Godin a estimé que le cumul des indemnités de maire et de président de la CdA – 7 200 euros net par mois selon ses calculs – « relève de l’indécence ». Olivier Falorni a répliqué : « C’est de la démagogie populiste. »
Falorni porte-parole de Bernard Cazeneuve
En fin de séance, Olivier Falorni a révélé que Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre et fondateur de La Convention, a souhaité qu’il soit son porte-parole. Répondant à Maryline Simoné, le maire a assuré qu’il consacrerait son temps à la mairie de La Rochelle. Le septennat commence fort.



