Montée des violences entre ultradroite et ultragauche : une escalade inquiétante
Violences ultras : une escalade inquiétante entre extrêmes

Une escalade des tensions préoccupante

C’est une véritable « escalade des tensions » que décrivent les sources sécuritaires interrogées. Depuis plusieurs années, les autorités observent une montée en puissance et en dynamisme des mouvances d’ultradroite et d’ultragauche, qui s’opposent de manière frontale et de plus en plus violente. À tel point que le nombre de leurs confrontations, dont l’intensité varie selon les scénarios, a été multiplié par 1,5 entre 2024 et 2025, selon des informations exclusives.

Des militants désinhibés et préparés à l’affrontement

Un observateur spécialisé souligne une réelle désinhibition dans le recours à la violence, alors que le périmètre de ces mouvements reste relativement stable. Les services de renseignement suivent actuellement entre 1 500 et 2 000 personnes liées à l’ultradroite, et 2 000 à 3 000 pour l’ultragauche. Cependant, tous ne présentent pas le même niveau de radicalité ou de risque de passage à l’acte violent.

« Il y a une acceptation croissante de la violence et de moins en moins l’envie de convaincre par les idées ou des arguments objectifs. La force prime désormais », explique une source sécuritaire. « Ils s’y préparent activement en se masquant, en portant des gants renforcés, des béquilles, des bâtons ou des battes de baseball. Dès qu’un camp organise un événement ou un “happening”, l’autre mouvance vient au contact. Ils se jaugent, se cherchent, et c’est une manière d’occuper le terrain, aussi bien physique que numérique. »

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Une radicalisation encouragée par les réseaux sociaux

Les autorités décrivent des militants assez jeunes, souvent dans la vingtaine, qui vivent imprégnés des réseaux sociaux. Ces plateformes les maintiennent dans une bulle informationnelle, renforçant leur univers radical. « Que ce soit un univers nationaliste ou anarchiste, vous êtes toujours entouré des mêmes personnes, virtuellement et réellement, ce qui les légitime à poursuivre sur cette voie », précise un expert.

Ces jeunes militants s’entraînent spécifiquement à l’affrontement, notamment via des stages d’autodéfense ou de combat. Le décret de dissolution de La Jeune garde reprochait ainsi à ce groupement d’« organiser au profit de ses membres des entraînements aux sports de combat et au “combat de rue” », et de provoquer des agissements violents en vue d’affrontements avec les groupes adverses d’ultradroite.

Une violence inhérente et légitimée

À l’ultradroite, le décret de dissolution de « Lyon populaire » mentionnait que ce groupement « présente la violence comme nécessaire face à la prétendue défaillance de l’État », alimentant une « culture de l’affrontement » pour se « défendre contre les antifas ».

Un observateur note que ce recours à la violence est favorisé par la radicalisation du discours politique. « Quand, aux extrêmes, certains ne condamnent pas fermement les violences ou n’appellent pas à les éviter, ça légitime pour des esprits jeunes et influençables le recours à la manière forte. Même chose quand on entend que la violence est un “mode d’expression” comme un autre. »

Différences et dangers spécifiques

Existe-t-il une différence dans la dangerosité de ces mouvances ? « Les deux sont capables d’utiliser une violence débridée, comme lors des événements de Lyon la semaine dernière », indique une source sécuritaire. « En dehors des confrontations frontales, l’ultragauche peut mobiliser massivement, constituer des black blocs lors de manifestations, ou organiser des sabotages. De leur côté, certaines personnes de l’ultradroite sont plus promptes à utiliser des armes à feu et à flirter avec l’action terroriste, comme l’ont montré des affaires récentes traitées par la DGSI. »

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Risque d’escalade à l’approche des scrutins

Après le lynchage de Quentin jeudi dernier, plusieurs sources redoutent que d’autres épisodes de violence ne surviennent en réaction à ce meurtre, notamment à l’approche des prochaines échéances électorales. Cette escalade inquiète particulièrement les autorités, qui craignent une banalisation durable de la violence politique dans l’espace public.