Les sénateurs socialistes ont officiellement demandé, dans un courrier adressé au président du Sénat Gérard Larcher, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le piratage massif de données dont a été victime la direction générale des finances publiques (DGFiP). Cette requête fait suite à la reconnaissance par l'administration fiscale, vendredi, d'une intrusion ayant exposé les données d'au moins 678.000 particuliers et professionnels.
Une lettre datée du 15 août
Dans sa lettre datée du 15 août, dont l'AFP a obtenu copie, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, souligne une « succession d'incidents » depuis le début de l'année 2026. Il estime que le Parlement doit désormais « disposer d'une vision d'ensemble » sur ces événements. Cette demande intervient alors que le parquet de Paris a ouvert, samedi, une enquête sur ce piratage.
Patrick Kanner rappelle également qu'en début d'année, l'administration avait déjà dû reconnaître des accès illégitimes au Fichier national des comptes bancaires (FICOBA). Cette répétition d'incidents justifie, selon lui, une analyse approfondie par les élus.
678.000 victimes et des questions sur les vulnérabilités
Le chef des sénateurs socialistes précise que cette succession d'incidents ne permet pas, à ce stade, de conclure à une « défaillance structurelle ». Cependant, elle constitue « un motif sérieux pour que le Parlement puisse déterminer si ces événements relèvent de circonstances indépendantes les unes des autres ou s'ils révèlent des vulnérabilités communes ». Cette distinction est cruciale pour orienter les futures réformes en matière de cybersécurité.
La commission d'enquête, si elle est créée, pourrait « formuler les propositions législatives, réglementaires, organisationnelles et budgétaires nécessaires pour prévenir la répétition de tels incidents », ajoute Patrick Kanner. Les victimes du piratage devraient commencer à être informées à partir de lundi, selon les informations disponibles.
Réactions politiques et enquête judiciaire
Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur ce piratage, et les quelque 678.000 victimes devraient être contactées progressivement. Par ailleurs, Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle du parti Les Républicains, a réagi sur le réseau X en déplorant que la France soit « le 2e pays au monde le plus touché par les cyberattaques ». Il a annoncé vouloir mettre en place un « Plan Vauban » pour construire une « véritable forteresse numérique » et protéger les données des Français.
Cette demande de commission d'enquête parlementaire intervient dans un contexte de préoccupation croissante concernant la sécurité des données publiques. La réponse des autorités et les conclusions de l'enquête judiciaire seront déterminantes pour restaurer la confiance des citoyens dans les systèmes de l'administration fiscale.



