Patrouilles estivales adaptées à chaque commune dans l'Est des Alpes-Maritimes
Patrouilles estivales adaptées à chaque commune des Alpes-Maritimes

Alors que la population de la circonscription de Menton quadruple pendant l'été, passant de 55 000 à 240 000 personnes, la police nationale et la police municipale s'allient pour répondre aux besoins de sécurité. L'originalité de ce dispositif estival réside dans l'adaptation des patrouilles à chacune des trois communes : pédestres à Beausoleil, nautiques à Roquebrune et cyclistes à Menton.

Des patrouilles sur mesure pour chaque commune

Le commissaire de Menton, Yannick Dupin, explique : « En basse saison, sur le territoire, on compte 55 000 habitants. Mais c’est quasiment multiplié par quatre en été, avec 240 000 personnes. » Conscient que les enjeux sécuritaires doivent répondre à cette réalité, des patrouilles spécifiques ont vu le jour pour chacune des villes concernées.

« En 2024, on avait déjà lancé des patrouilles mixtes en VTT à Menton, avec la police municipale. Nous avons alors vu qu’il y avait énormément de bénéfices car le but premier c’est de faire un rapprochement police/population. Par ce biais, les agents sont bien plus accessibles », ajoute Yannick Dupin. De nombreux habitants se sont montrés heureux de voir du bleu dans les ruelles. « Le but, cette année, c’était de monter en puissance en intégrant les autres communes à cette logique. J’ai donc contacté les polices municipales pour étudier ce qu’il était possible de faire. »

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Opérationnels dans les petits escaliers comme sur la mer

À Beausoleil, il a été convenu que les deux polices feraient des patrouilles pédestres au vu de la topographie, pour aller au plus proche de la population et des commerçants, et notamment pour pouvoir emprunter les petits escaliers. Deux grands principes s'appliquent toujours : prévention et répression.

La Ville de Roquebrune dispose quant à elle de la seule police municipale dotée d'un bateau et d'une brigade maritime. C'est logiquement cette thématique qui a été retenue. « L'année dernière, en prévision, j'avais fait refaire la convention de coordination permettant d'intégrer leur bateau. Cet été, on peut ainsi monter à bord avec eux », explique le commissaire. La mission est claire : faire de la sécurisation dans la bande des 300 mètres, là où les gens se baignent. Car sans surprise, les bateaux et autres jet-skis ne respectent pas tous la réglementation. « On contrôle les différents types de mouillage, ou encore le respect des vitesses – limitée à 5 nœuds dans la bande des 300 mètres, soit 9 km/h. » Pour rappel, un excès de vitesse dans la bande des 300 mètres peut coûter très cher au contrevenant : jusqu'à 3 750 euros et/ou six mois de prison. « Avec Roquebrune, on fera aussi du VTT – selon les effectifs – sur la grande bande littorale allant jusqu'au cap », ajoute Yannick Dupin.

« Faire de la présence » à Menton

Comme auparavant, c'est avant tout Menton qui bénéficiera d'une brigade cycliste. Grâce à deux VTT que les policiers enfourcheront à tour de rôle. Le secteur concerné ? L'ensemble du bord de mer, ainsi que la vieille ville. « On s'est rendu compte qu'il y avait de plus en plus de vendeurs à la sauvette et de vols à la tire. On va travailler là-dessus, faire de la présence, pour libérer la voie publique de ce type d'infractions. Cette solution à vélo permet d'aller voir les commerçants ou qu'ils viennent à nous », détaille le chef de la circonscription de police.

Un vol à la sauvette est notamment passible d'une amende forfaitaire de 200 euros si l'auteur du délit paye immédiatement. Sauf que pour être éligible à une telle AFD, il faut être français, majeur, et reconnaître l'infraction. « Le souci, ici, c'est que les vendeurs sont rarement français. Cela nous oblige à les interpeller et les amener au poste. »

Organisation et fréquence des patrouilles

D'un point de vue concret, les patrouilles fonctionneront en binômes. Dans une configuration mixte avec les polices municipales, on comptera entre 4 et 6 dates par mois pour chaque commune. Dans une configuration avec la seule police nationale, ces interventions se dérouleront au moins trois fois par semaine.

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Et après ? « Le reste de l'année, il n'y a plus de nécessité de VTT. Le flux n'est plus là : en véhicule, on arrive mieux à aller d'un point A à un point B de la circonscription pour répondre aux demandes. Par ailleurs, c'est l'été que le territoire attire la population et devient en conséquence un bassin d'infractions. Car on le sait, les auteurs viennent là où il y a la masse. »