Montpellier : le GSRI, une milice privée selon des élus, après une intervention musclée filmée
Montpellier : le GSRI qualifié de milice privée après intervention

Une intervention du GSRI à Montpellier filmée et largement partagée

Une vidéo montrant une intervention musclée du Groupement de Sûreté Résidentielle Interbailleur, le GSRI, dans un quartier de Montpellier, a déclenché une vive polémique sur les réseaux sociaux. La séquence, relayée sur X le 27 février 2026, a été massivement partagée et commentée, certains internautes assimilant le GSRI à une milice privée.

La scène filmée et les réactions politiques immédiates

La vidéo capture une équipe du GSRI intervenant dans la résidence ACM d'Aiguelongue. On y voit des agents encagoulés maîtriser une personne au sol et procéder à l'interpellation d'un autre individu. Une habitante filme la scène et engage un échange avec une agente du GSRI, qui se place devant le téléphone et lui demande de partir.

Le compte X Cerveaux non disponibles, qui a publié la vidéo, l'a sous-titrée : "Montpellier, une milice privée terrorise les habitants". Ce compte se présente comme dédié aux luttes sociales, antiracistes et climatiques via des contenus indépendants.

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La polémique a rapidement pris une tournure politique. Jean-Louis Roumégas, candidat EELV aux municipales et tête de liste du Printemps montpelliérain, a réagi fermement. Dans un communiqué publié ce samedi, il a exigé la dissolution du GSRI, le qualifiant de "milice privée, installée par la municipalité actuelle, qui patrouille au pied des résidences sociales, usant de méthodes violentes et agissant comme si elle était une force de police". Il a également établi un parallèle avec "les frasques violentes d'ICE dans le Trumpland", bien que les faits se soient produits à Aiguelongue et non à La Paillade comme initialement indiqué par erreur.

La version du GSRI et les détails de l'intervention

Sollicité pour répondre aux accusations, le GSRI a assuré que "l'intervention s'est déroulée dans le strict respect des procédures et avec un usage proportionné des moyens nécessaires afin de garantir la sécurité des agents, des usagers et du site".

Le groupement a fourni des précisions sur le déroulement des événements :

  • L'opération a débuté par l'identification, au sein d'un groupe de dix personnes stationnant devant la résidence, de trois individus "connus pour des faits liés au trafic de stupéfiants".
  • Elle a conduit à l'interpellation de deux personnes pour refus d'obtempérer, menaces de mort et violences volontaires envers ses agents.
  • Les deux individus interpellés ont été remis à la police nationale.
  • Le GSRI souligne qu'un de ses agents a été frappé et est depuis en incapacité totale de travail, des plaintes ayant été déposées.

Le GSRI a également justifié le port de cagoules par ses agents, expliquant qu'ils ont le droit de dissimuler leur visage lorsqu'ils sont filmés sans leur consentement, pour leur sécurité personnelle, compte tenu "des risques opérationnels auxquels ils sont exposés". Il rappelle que ses interventions sont encadrées par le code de la sécurité intérieure.

Un débat qui dépasse le cadre local

Cette affaire soulève des questions plus larges sur le recours à des sociétés privées pour assurer la sécurité dans des résidences sociales. Les critiques pointent du doigt un possible glissement vers des méthodes policières privatisées, tandis que le GSRI défend sa légitimité et son cadre d'action légal.

La vidéo, devenue virale, continue d'alimenter les débats sur les réseaux sociaux et dans la sphère politique locale, mettant en lumière les tensions entre sécurité publique, libertés individuelles et rôle des acteurs privés dans l'espace urbain.

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