Léon XIV à Lourdes : messe, victimes et bain de foule au programme
Léon XIV à Lourdes : messe, victimes et bain de foule

Léon XIV poursuit sa visite en France ce dimanche 27 septembre à Lourdes, où il doit célébrer une messe en plein air devant 150.000 personnes et rencontrer à huis clos sept victimes de violences sexuelles dans l'Église. Cette deuxième étape de son déplacement intervient après deux jours à Paris qui ont rassemblé plus d'un million de personnes, selon les chiffres diffusés par la préfecture.

Une foule matinale et un sanctuaire aux couleurs du Vatican

Dès l'aube, les pèlerins affluaient dans les rues de la ville basse pour rejoindre le sanctuaire, munis souvent de chaises pliantes pour assister à la messe de 11h. Aux portiques de sécurité, des cantiques étaient diffusés par haut-parleurs. « Aujourd'hui c'est important pour moi parce qu'on a besoin de moments de communion entre chrétiens », a témoigné Aurore, 47 ans, commerciale bordelaise qui ne souhaite pas donner son nom.

La ville pyrénéenne d'environ 13.600 habitants s'est parée des couleurs jaune et blanc du Vatican, commerces et restaurants affichant le portrait du souverain pontife. Les pèlerins devraient être au nombre de 200.000 ce week-end, selon la préfecture, pour prolonger l'enthousiasme perçu dans la capitale. La circulation a été coupée dans la ville, les pèlerins ne pouvant y accéder que par bus spécialement affrétés ou par des navettes depuis Tarbes, à environ 25 km.

Un programme chargé entre messe et rencontres

La journée de Léon XIV a commencé par une rencontre avec les évêques français, avant un bain de foule en papamobile (10h15) sur la prairie du sanctuaire marial, qui accueille trois millions de visiteurs par an. Devant les 150.000 personnes attendues, il célébrera ensuite une nouvelle messe en plein air, comme avant lui Benoît XVI en 2008 et Jean-Paul II, en 1983 et 2004.

« C'est le Graal, c'est comme Dieu qui arrive », a affirmé samedi à l'AFP Anne-Marie Mazars, 56 ans, venue de Rodez (Aveyron) avec une amie dans une ville où l'ensemble des hôtels affichent complet. La journée se poursuivra par une rencontre avec des fidèles malades ou en situation de handicap, une entrevue avec des religieuses et, avant une procession aux flambeaux à 21H00, une étape très scrutée : une rencontre à huis clos avec sept victimes de violences sexuelles dans l'Église en France.

Un dossier brûlant pour l'Église de France

Léon XIV est très attendu sur ce sujet, d'autant qu'il n'en a encore rien dit depuis son arrivée vendredi, malgré de nombreuses interventions. Le dossier reste brûlant pour l'Église de France, cinq ans après le rapport choc qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950. Parmi les victimes rencontrées figure un ancien de l'institution Notre-Dame de Bétharram, mais aucun représentant de collectif – un choix très critiqué par ces derniers, qui déplorent « une mascarade » sans concertation ou « un jeu de concurrence victimaire ».

Interrogé sur ces critiques, l'archevêque de Paris Laurent Ulrich a souligné dimanche sur franceinfo que le pape allait manifester « une considération pour les personnes, […] l'attention d'un pasteur pour des personnes et pas simplement pour un problème ». En Espagne, où il avait rencontré six victimes en juin, Léon XIV avait dénoncé un « fléau » et demandé « vérité, justice et réparation ». Pour la venue du souverain pontife, la basilique du célèbre sanctuaire aura totalement recouvert les mosaïques de sa façade, car elles ont été réalisées par Marko Rupnik, un prêtre slovène accusé d'agressions sexuelles.

Un message politique et une dernière étape à Metz

Arrivé samedi soir à Lourdes, le pape américain est de nouveau allé au contact des fidèles au crépuscule sur la route menant jusqu'au sanctuaire, acclamé par des milliers de personnes. Sous la pleine lune, il a lancé un message subtilement politique lors d'une prière très recueillie à la grotte de Massabielle. « Obtiens pour la France des gouvernants sages et généreux, prêts au sacrifice de soi, capables de relever les défis et désireux de servir le bien commun », a-t-il déclaré, à sept mois de l'élection présidentielle.

Léon XIV s'envolera lundi matin pour Metz pour la dernière étape de sa visite, où l'attendra une séquence plus européenne et interreligieuse. À Paris, du Stade de France à la cathédrale Notre-Dame de Paris, de l'Élysée à la place de la Concorde où il a célébré samedi une messe géante devant 800.000 personnes, le pape américain a drainé des foules considérables. Cette visite suscite également une couverture médiatique inédite et enjouée, avec des heures de direct sur plusieurs chaînes de télévision. « Heureux comme un pape en France », clame en une la Tribune dimanche.