Dragon 64 : l'hélicoptère de la sécurité civile au secours des montagnards en Béarn
Dragon 64 : l'hélicoptère qui sauve des vies en montagne

Dragon 64 : l'hélicoptère de la sécurité civile au secours des montagnards en Béarn

Les pompiers et les gendarmes spécialisés dans le secours en montagne peuvent désormais compter sur un allié de poids : l’hélicoptère Dragon 64 de la sécurité civile. Nous avons suivi ces professionnels du sauvetage lors d’un exercice particulièrement périlleux sur une paroi d’escalade de la vallée d’Ossau, en Béarn. La préparation est minutieuse : ceinture trois points vérifiée, casque et lunettes ajustés, micro opérationnel, sacs et civière harnachés. Le Dragon 64 est paré pour le décollage.

Un équipage d'élite pour des missions critiques

À l’avant de l’appareil, le pilote et le mécanicien de la Sécurité civile. À l’arrière, les trois pompiers du secours en milieu périlleux et montagne des Pyrénées-Atlantiques (SMPM 64). Les secouristes d’altitude, focalisés sur leur objectif, se dirigent vers une paroi d’escalade de la vallée d’Ossau. Quelques minutes de lévitation suffisent pour rejoindre la base aérienne de Pau-Uzein au village de Castet. « Bienvenue à bord de notre tapis volant », sourit le pilote Gery Bouchart, un vétéran qui a connu d’autres hélicoptères plus capricieux, comme l’Alouette 3 ou le C 145.

Depuis l’an dernier, la Sécurité civile dispose dans le département d’un tout nouvel appareil, un hélicoptère H145 D3. « Il est d’une grande stabilité », confirme le pilote chevronné. Cet hélicoptère, parfaitement adapté à son utilisation en milieu montagneux, a coûté 12 millions d’euros, remplaçant un ancien modèle qui avait effectué vingt-deux ans de loyaux services.

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Une machine performante pour des conditions extrêmes

Le chef de base de la sécurité civile, David Boisbleau, également pilote à la combinaison orange, vante les mérites de cette nouvelle machine. Il travaille en étroite collaboration avec le peloton de gendarmerie de haute montagne d’Oloron-Sainte-Marie et le groupe montagne des sapeurs-pompiers, qui se partagent les gardes une semaine sur deux, ainsi qu’avec les médecins du Samu.

La nouvelle bête se démarque par des moteurs plus puissants, passant de 1500 à 1950 chevaux. « On peut embarquer plus de matériel et de secouristes. Et surtout voler dans des conditions plus venteuses », juge le chef de base. Cette puissance est cruciale, comme en témoigne l’exercice du jour : les crêtes sont balayées par un vent de 35 nœuds, créant un effet « chasse-neige » impressionnant autour du pic du Midi d’Ossau.

Un exercice de treuillage « lézard » pour sécuriser les interventions

« Ça va secouer », annonce l’adjudant-chef Sébastien Magrou à ses deux collègues Maxime Rodriguez et Vanessa Labayle. Les secouristes montagne s’engagent dans un exercice délicat : un treuillage « lézard ». Ce dispositif permet de sécuriser les phases de dépose et de récupération en paroi, alors que les équipes sont à la fois connectées à la montagne et à l’hélicoptère.

« Nous utilisons un brin réglable, instantanément éjectable. Il libère la victime et le secouriste si l’hélicoptère quitte brusquement sa position stationnaire. Cela évite de gros accidents en cas de bourrasque », décrit le conseiller technique. À tour de rôle, les secouristes pendent dans le vide au bout du treuil et atteignent en douceur un relais fixé à la paroi verticale. La manœuvre est millimétrée.

Des automatismes vitaux pour des sauvetages sans erreur

Retour à la base après l’exercice. « Nous multiplions ce genre d’exercices pour créer des automatismes. Quand nous arrivons sur un accident en milieu périlleux, nous n’avons pas droit à l’erreur », poursuit Sébastien Magrou. Ce passionné de montagne, qui a lui-même été victime d’un accident il y a quelques années, connaît l’importance de ces interventions : « Quand j’ai vu l’hélicoptère de la Sécurité civile arriver, j’ai compris ce que ressentent les victimes : le soulagement. »

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Son sac, comme celui de ses collègues, est rempli d’équipements essentiels : téléphone alerte, radio pompier, radio de « berger », téléphone satellite, balise GPS, tablette bilan, sans oublier le matériel de base comme cordes, mousquetons, pitons, trousse de secours, bouteille d’oxygène, gilet chauffant, et culotte-baudrier. Chaque gramme et chaque seconde comptent, surtout dans des situations critiques comme les avalanches, où les chances de survie diminuent rapidement après 15 minutes d’ensevelissement.

Des conseils précieux pour les usagers de la montagne

Les secouristes rappellent quelques conseils cruciaux :

  • En cas d’urgence, privilégier le 112 plutôt que le 18, le numéro européen étant plus facilement joignable en cas de faible réseau.
  • Prendre la météo du jour, mais aussi celle du soir et du lendemain.
  • Emporter une polaire et un coupe-vent même l’été, une lampe frontale rechargée, une gourde d’eau, une couverture de survie, et un sifflet.
  • En hiver, se munir d’une pelle, d’une sonde, et d’un DVA (détecteur de victime d’avalanche).
  • Lire attentivement le Bera (bulletin d’estimation du risque d’avalanche) et éviter les pentes fortes en cas de risque égal ou supérieur à 2.
  • Partager son itinéraire en amont avec son entourage et porter un gilet fluorescent pour être mieux repéré.
  • Faire le Y à la vue de l’hélicoptère si besoin de secours, sinon éviter tout geste.

Avec le Dragon 64, l’espoir reste toujours permis pour les victimes de la montagne, quelles que soient les conditions.