Laurent Wauquiez persiste pour une primaire élargie de la droite
« J'essaie d'arrêter cette machine à perdre qui consiste à essayer d'exclure avant de rassembler. » Cette déclaration, déjà formulée au soir du second tour des élections municipales dimanche dernier, a été réitérée par Laurent Wauquiez ce matin sur RTL. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a remis sur la table sa proposition d'une grande primaire de la droite pour la prochaine élection présidentielle, en y incluant un spectre politique large allant d'Édouard Philippe à Sarah Knafo.
Une justification argumentée face aux critiques
Interrogé par Thomas Sotto, Laurent Wauquiez a défendu son positionnement avec fermeté. « Quand on a écouté Sarah Knafo pendant les municipales à Paris, vous avez eu l'impression d'entendre quelqu'un d'extrême droite ? », a-t-il rétorqué, cherchant à nuancer les perceptions autour de la conseillère de Reconquête. Il a ensuite martelé l'importance cruciale de « défendre » un projet commun pour la droite, insistant sur la nécessité de l'unité.
Concernant l'ancien Premier ministre, Wauquiez s'est montré ouvert : « Quand j'écoute Édouard Philippe, je me dis que je suis capable de travailler avec lui. » Toutefois, il a reconnu que le défi de rassembler des figures aussi différentes qu'Édouard Philippe et Sarah Knafo n'était « pas gagné », soulignant la complexité de cette entreprise.
Des réactions mitigées au sein des Républicains
Cette proposition audacieuse est loin de faire l'unanimité au sein du parti Les Républicains. Plusieurs voix s'élèvent pour exprimer leurs réserves ou leur opposition. Jean-François Copé, par exemple, n'a pas hésité à déclarer au lendemain du second tour des municipales, le 16 mars, que Sarah Knafo siégeait avec des néonazis, un jugement sévère qui illustre les tensions internes.
De même, Bruno Retailleau, le président des Républicains, interrogé hier soir par Léa Salamé sur le plateau de France 2, a adopté une posture plus prudente. Il n'a pas souhaité répondre directement à la proposition de Wauquiez, préférant mettre en avant la nécessité d'un projet commun et celle de « rassembler ». Son objectif affiché : « n'avoir qu'un seul candidat pour être présent au second tour » de la présidentielle, sans pour autant valider l'inclusion de personnalités comme Sarah Knafo.
Ces divergences d'opinion révèlent les clivages persistants au sein de la droite française, alors que les préparatifs pour la prochaine échéance présidentielle commencent à s'esquisser. La question de l'unité et des alliances reste donc un enjeu majeur, avec des positions très disparates qui pourraient influencer la stratégie électorale des mois à venir.



