Analyse des municipales par la cheffe des socialistes landais
La secrétaire départementale du Parti socialiste des Landes, qui a succédé à Éric Sargiacomo l'an dernier, dresse un bilan contrasté des dernières élections municipales. "Le soir du premier tour, nous étions tristes, et le soir du deuxième tour, soulagés", confie-t-elle. Les pertes de Saint-Paul-lès-Dax et Soustons ont été particulièrement douloureuses pour la gauche.
Victoires et défaites locales
Malgré ces revers, plusieurs succès sont à noter :
- Consolidation des positions à Aire-sur-l'Adour, Mimizan, Tyrosse et Morcenx
- Gain de Tartas, où l'ancien maire de gauche avait changé de camp
- Élection de Magali Valiorgue à Sabres
- Victoire symbolique de Frédéric Dutin à Mont-de-Marsan
La dirigeante socialiste insiste : "Franchement, le bilan est positif. Je pense que nous sommes toujours la première force politique du département."
Explications des échecs
Concernant la perte de Saint-Paul-lès-Dax, elle pointe plusieurs facteurs :
- Un jeune maire sans mandat de trop
- Un projet immobilier controversé à proximité d'un bureau de vote
- Une campagne extrêmement intense de la droite
Pour les villes de Biscarrosse et Dax, où les candidats socialistes ont dépassé à peine 20%, elle rappelle que "Dax est une ville de droite, on a un peu tendance à l'oublier" et que seule la personnalité de Gabriel Bellocq a permis une victoire historique il y a trente ans.
Position ferme contre une alliance avec LFI
Interrogée sur les alliances avec La France insoumise au niveau national, la responsable landaise se montre catégorique : "Je le dis avec beaucoup de regrets, parce que je suis très unioniste... Mais depuis deux ans, ça dérive, Mélenchon dérive. Je ne peux pas me retrouver avec eux maintenant."
Elle développe ses critiques :
- Mélenchon "fait plus peur que Le Pen"
- Inconfort face aux positions de Bompard, Panot et autres figures LFI
- Rejet du communautarisme qu'elle attribue à LFI
- LFI "fait peur aux Français" et a conforté la droite dans certains territoires
Perspectives pour 2027
L'approche des élections présidentielles et législatives de 2027 inquiète la dirigeante socialiste :
- Niveau d'abstention préoccupant même pour les municipales
- Tendance à la droitisation visible dans les résultats
- Étiage de la gauche à 30%, difficile à remonter rapidement
Sur la question d'une primaire de gauche, elle se montre sceptique : "Je vais décevoir beaucoup de gens à gauche : pas forcément. Mais je sais qu'en partant divisé, on ne passe pas le cap du second tour." Elle souhaiterait plutôt "un candidat socialiste suffisamment fort pour qu'il s'impose".
Renouvellement et parité
Concernant l'avenir du PS landais, elle insiste sur la nécessité de "lancer de nouvelles têtes" et de préparer les générations suivantes. Sur la place des femmes en politique, elle témoigne : "C'est toujours difficile. Il y a un plafond de verre... Pour s'imposer quand on est une femme, il faut faire deux fois plus ses preuves et parler deux fois plus fort."
Elle souligne également que "le climat ne nous aide pas. Faire de la politique, c'est devenu extrêmement rude avec une forme de violence qui n'incite pas les femmes à y aller", tout en reconnaissant l'importance des lois sur la parité.



