Révolution permanente lance sa campagne municipale à Bordeaux avec une liste ouvrière et étudiante
Le parti d’extrême gauche Révolution permanente (RP) a officiellement déposé sa liste pour les élections municipales de Bordeaux, ce vendredi 20 février. Menée par Petra Bernus, une étudiante infirmière âgée de 25 ans, cette liste se positionne sur un créneau trotskiste et révolutionnaire, avec le slogan percutant : « Arracher Bordeaux aux riches et aux spéculateurs ». Le parti, qui affirme compter « plus d’une centaine de militants » dans la ville, met en avant une équipe composée principalement de travailleurs, d’étudiants et de jeunes issus des milieux populaires.
Un programme radical et anticapitaliste
Issu d’une scission du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Révolution permanente défend des positions clairement anticapitalistes, tout en se revendiquant « antiraciste, féministe et internationaliste ». Le programme présenté inclut des mesures phares telles que :
- La réquisition des logements vacants, estimés à 30 000 dans la métropole bordelaise.
- La gratuité et le retour en régie des transports publics.
- Des investissements massifs dans la santé publique.
- Le désarmement de la police municipale.
- L’expropriation des fortunes héritées de la traite négrière, pour solder le passé colonial de Bordeaux.
Petra Bernus, tête de liste, insiste sur l’absence de « politiciens ou cols blancs éloignés des réalités sociales », soulignant ainsi l’ancrage populaire de sa candidature.
Une extrême gauche fragmentée à Bordeaux
Révolution permanente se présente comme un farouche adversaire de la majorité actuelle de Pierre Hurmic, qualifiée de « étiquette verte sur une politique de droite », et critique également La France Insoumise (LFI), jugée trop réformiste. Cependant, le parti n’est pas seul sur ce terrain à Bordeaux. La scène trotskiste locale compte quatre listes concurrentes :
- Révolution permanente (Petra Bernus).
- NPA Révolutionnaire (Philippe Poutou).
- NPA Anticapitaliste (Esteban Nadal).
- Lutte Ouvrière (Fanny Quandale).
Cette fragmentation soulève des questions sur l’unité de l’extrême gauche. Petra Bernus justifie cette désunion en expliquant que « l’alliance avec le PS et les Verts forme une ligne rouge ». Elle précise que des démarches communes ont été proposées à Lutte Ouvrière, qui a refusé, et au NPA Révolutionnaire, qui n’a pas répondu.
Ambitions électorales et perspectives
L’objectif affiché par Révolution permanente pour ces municipales est d’« être présent au second tour » et d’obtenir des élus qui serviront de « lanceurs d’alerte au sein du Parlement bordelais », représentant les intérêts des travailleurs et des jeunes. La liste complète est disponible sur le site sudouest.fr, offrant ainsi une visibilité accrue à cette candidature militante.
Cette campagne s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation politique à Bordeaux, où les enjeux sociaux et économiques sont au cœur des débats. Avec son programme radical et son ancrage local, Révolution permanente cherche à marquer les esprits et à influencer le paysage politique de la ville.



