Le Parti populaire espagnol dévoile ses exigences pour un pacte avec Vox
Le principal parti de droite espagnol, le Parti populaire (PP), a rendu publiques ses conditions en vue d'un éventuel accord avec la formation d'extrême droite Vox. Ce document pourrait servir de base de négociation pour les législatives prévues en 2027, signalant un virage idéologique significatif à l'approche des prochaines échéances électorales.
Un cadre unique pour toute l'Espagne
Le PP a présenté un document énumérant ses demandes pour toute formation politique souhaitant s'allier avec lui. Ce texte, consulté mardi, fixe un cadre « unique » et « applicable pour toute l'Espagne ». Il reprend plusieurs thématiques chères à Vox, notamment « la perte de contrôle de la politique migratoire », « l'interdiction de la burqa », « la sécurité », « la natalité » et « la famille », tout en dénonçant des impôts qui « asphyxient » l'économie.
Le document précise également : « Nous rejetons les politiques climatiques qui détruisent l'emploi, rendent plus chère l'énergie et poussent l'industrie hors du pays ». Il appelle également « au respect de l'unité nationale [...] et de l'État de droit », dans un contexte où l'Espagne est un pays très décentralisé avec des compétences régionales importantes.
Contexte électoral régional et national
En décembre en Estrémadure puis en février en Aragon, le PP est déjà arrivé en tête de scrutins régionaux, marqués par la déroute du camp du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez. Cependant, le parti n'a pas obtenu de majorité absolue, sauf à s'allier avec Vox, qui se trouve en position d'arbitre dans ces régions.
Les sondages actuels accordent à ce stade une majorité absolue aux deux formations en additionnant leur score hypothétique pour les législatives de 2027. Si la date exacte du scrutin national reste incertaine, le Parti populaire et Vox appellent depuis de nombreux mois à des législatives anticipées, ce à quoi Pedro Sánchez, fragilisé par plusieurs affaires judiciaires visant son entourage, s'est toujours refusé.
Désaccords sur la forme des négociations
Lundi soir, le patron du PP, Alberto Núñez Feijóo, avait défendu la volonté de la direction de son parti de mener des discussions avec Vox. Il a jugé « irresponsable de ne pas rendre crédible une alternative viable » pour diriger les régions d'Estrémadure et d'Aragon.
Mardi matin, Santiago Abascal, le leader de Vox, a vivement critiqué à la télévision espagnole la méthode du PP : « Ils mettent un cadre comme s'ils étaient en train de négocier avec des sauvages [...] Ce n'est pas correct ». Ces déclarations illustrent les tensions persistantes entre les deux formations, même si leurs positions idéologiques semblent se rapprocher sur de nombreux sujets.
Dans ce contexte de négociations toujours en cours au niveau régional entre les deux partis, le document du PP représente une tentative de normaliser et de structurer leurs relations politiques. De nombreux domaines comme l'éducation, la santé ou la gestion des situations d'urgence relèvent de la compétence des « communautés autonomes » (régions), ce qui rend ces alliances locales particulièrement cruciales pour le fonctionnement institutionnel du pays.



