Municipales 2026 à Nîmes : le stade des Costières au cœur des débats
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Midi Libre a lancé sa grande tournée des débats. Ce mardi 17 février, la rédaction était à Nîmes, à l'IFMS, en partenariat avec le Cercle Mozart. Les six candidats ont échangé sur cinq thèmes majeurs : la sécurité, l'environnement et l'urbanisme, la fracture sociale et l'éducation, la politique sportive et associative, ainsi que l'attractivité économique. Le sport et les associations ont particulièrement animé les discussions, avec le stade des Costières comme point de tension central.
Un dossier hérité qui cristallise les tensions
Nîmes Olympique alimente tellement les débats et les querelles qu'il éclipserait presque le reste de la vie sportive et associative. Julien Sanchez (RN) lance : "On paye la mauvaise gestion de ce dossier depuis des années. On rachète les Antonins et la Bastide et, en plus, on va payer la rénovation des Costières." Franck Proust (LR) rappelle quant à lui : "J'ai reçu ce dossier en héritage, il y avait urgence, le club risquait de disparaître. La ville est devenue propriétaire du stade des Antonins pour 6,80 M€, ça vaut trois fois plus cher normalement." Pour l'avenir des Costières, il propose "un référendum d'initiative locale" et assure qu'on pourra jouer aux Antonins après 2032.
Des propositions divergentes et des coûts élevés
Julien Plantier (DVD) rétorque : "Impossible", évoquant 12 à 15 M€ de travaux pour rénover les Costières, "avec démolition d'une tribune et construction d'un immeuble médico-social à la place". Pascal Dupretz (LFI) dénonce "le chantage d'Assaf. Il investit et quand il perd, il demande à la Ville de payer 10 M€ et tout le monde se met à plat ventre. Nîmes aurait pu jouer ailleurs, à Uzès ou Vergèze. Mais je pense qu'il faut rénover les Costières avec les quatre tribunes". Vincent Bouget (gauche) qualifie la situation de "scandale démocratique, un fiasco sportif et financier et quand il faut sauver le club, on est piégé". Il imagine une rénovation par la ville, avec le club payant un loyer, ou par un investisseur avec un bail emphytéotique.
Jean-Marc Philibert (SE) s'inquiète du gouffre financier : "Les Costières, c'est 2,50 M€ par an. À terme, la facture montera à 100 M€". Ces divergences illustrent les profondes fractures entre les candidats sur la gestion du patrimoine sportif nîmois.
Le sport associatif et féminin, parent pauvre des discussions
Pour tous les autres sports, clubs et associations, les propositions s'éparpillent. Jean-Marc Philibert assure : "Le sport est le parent pauvre. Il manque des infrastructures, des piscines, des créneaux." Julien Plantier insiste sur le sport féminin "discriminé" et sur le bénévolat "en souffrance". Vincent Bouget abonde dans ce sens : "Le sport féminin est maltraité par rapport au sport masculin." Il envisage un plan pluriannuel d'investissements sur les équipements, incluant une nouvelle piscine sur l'Est de la ville.
Des idées innovantes pour l'avenir du sport à Nîmes
Franck Proust lance son idée de Central Park à la nîmoise pour "sécuriser le running pour les femmes. On va créer un parcours de 2,5 km dans le parc Jacques-Chirac avec des bornes pour appeler s'il y a un problème. Et nous proposons 20 structures de proximité à travers la ville pour que chacun ait un accès facile à une activité". Pascal Dupretz propose d'assouplir l'accès aux équipements sportifs : "Je veux un accès inclusif aux piscines avec des permissions sur le code vestimentaire". Ces initiatives visent à rendre le sport plus accessible et sécurisé pour tous les habitants.
Ce débat révèle ainsi non seulement les clivages sur le stade des Costières, mais aussi les enjeux plus larges de la politique sportive et associative à Nîmes, avec des candidats cherchant à répondre aux besoins diversifiés de la population à l'aube des municipales 2026.



