La marche contre le racisme organisée samedi à Barbès, dans le 18e arrondissement de Paris, a pris une tournure inattendue. Alors que plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées pour dénoncer les discriminations, le cortège a été rapidement investi par les partisans de Jean-Luc Mélenchon et de la France insoumise, transformant la manifestation en un véritable happening politique.
Un appel à la « nouvelle France »
Jean-Luc Mélenchon, présent en tête de cortège, a prononcé un discours enflammé depuis une estrade improvisée. « Barbès, c'est la nouvelle France ! », a-t-il lancé, reprenant une formule choc. Selon lui, cette partie de Paris symbolise le visage multiculturel et populaire du pays, qu'il oppose à une « France d'en haut » qu'il juge déconnectée. Le leader insoumis a appelé à une mobilisation continue contre le racisme et les inégalités, tout en dénonçant la politique du gouvernement.
Une participation massive
Les organisateurs de la marche, à l'origine apolitique, ont vu leur événement récupéré par les militants insoumis. « Nous avons été dépassés par l'affluence », a expliqué un membre du collectif à l'origine de la marche. Selon les estimations, entre 5 000 et 8 000 personnes ont participé au rassemblement, soit bien plus que les 2 000 attendues. Les pancartes « Stop au racisme » ont peu à peu laissé place aux drapeaux de la France insoumise et aux slogans anti-Macron.
Une polémique sur la récupération politique
Cette transformation a suscité des critiques, notamment de la part d'autres organisations antiracistes. « C'est une instrumentalisation de notre combat », a déploré une représentante de SOS Racisme, présente sur place. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a balayé ces accusations : « Le racisme est un combat de tous, et la France insoumise est en première ligne. » La marche s'est achevée sans incident, mais le débat sur la récupération politique de la cause antiraciste reste vif.
Un contexte tendu
Cette mobilisation intervient dans un climat de tensions autour des questions d'identité et d'immigration. Plusieurs sondages récents montrent une hausse des actes racistes en France, avec une augmentation de 11 % des signalements en 2023. Pour Mélenchon, ce contexte justifie une présence forte dans la rue. « Nous ne laisserons personne diviser le peuple français », a-t-il martelé, avant de quitter les lieux sous les acclamations de ses partisans.



