Jacqueline Uhart, candidate de Lutte Ouvrière, porte le projet communiste révolutionnaire à Saint-Jean-de-Luz
Lutte Ouvrière défend son projet révolutionnaire à Saint-Jean-de-Luz

Jacqueline Uhart, militante de Lutte Ouvrière, candidate aux municipales de Saint-Jean-de-Luz

La candidate Jacqueline Uhart, déjà présente en 2020, défend à nouveau le projet « communiste révolutionnaire » de Lutte ouvrière à Saint-Jean-de-Luz. Contrairement à d'autres formations de gauche, l'organisation ne propose pas de programme spécifique local : son propos dépasse largement la Cité des corsaires pour embrasser une vision globale de la société.

Une parole révolutionnaire unique au Pays basque

Les idées politiques de Jacqueline Uhart débordent très largement de la baie de Saint-Jean-de-Luz. Mais c'est bien dans la Cité des corsaires, et ici seulement au Pays basque, que la parole « communiste révolutionnaire » de Lutte ouvrière (LO) se fera entendre à l'occasion de ces élections municipales.

La personnalité tenace et fédératrice de la militante de 60 ans, déjà candidate en 2020 ainsi que lors des trois derniers scrutins législatifs sur la 6e circonscription (2017, 2022 et 2024), y est pour beaucoup. Enseignante d'histoire-géographie au collège Aturri de Saint-Pierre-d'Irube, dans la filière bilingue, cette Luzienne bascophone se présente sous la bannière Le Camp des travailleurs.

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« Ce sont eux qui font tourner cette société, qui produisent les richesses. Sans eux, il n'y aurait rien du tout. On considère que ce sont les travailleurs qui peuvent changer les choses fondamentalement », affirme-t-elle avec conviction.

La lutte des classes, toujours d'actualité

Classé à l'extrême gauche, étiquette « assumée », LO se différencie nettement de La France insoumise (LFI) et de ses représentants, sur la forme comme sur le fond. « Ils ne remettent pas en cause le système capitaliste, ils veulent le gérer, être au gouvernement. Et nous, on ne pense pas non plus qu'il y ait un sauveur suprême. Contrairement à Mélenchon, on ne dit pas Votez pour moi, ça ira mieux », précise la candidate.

L'organisation revendique toujours « la lutte des classes », dans les usines et ailleurs, entre les « pauvres exploités » et « cette minorité qui s'accapare toutes les richesses ». Autant dire qu'elle n'est pas sur son terrain de prédilection avec ce scrutin municipal. « Mais puisqu'on nous donne la parole, on la prend », s'accommode Jacqueline Uhart avec pragmatisme.

Deux ambitions : idéologique et pragmatique

Deux ambitions principales sont mises en avant par la liste LO :

  • Une ambition plus idéologique : « On veut essayer de faire en sorte que les travailleurs retrouvent cette conscience de classe et le chemin des luttes collectives »
  • Une ambition plus pragmatique : « Si on obtient des élus LO au conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz, on y sera les yeux et les oreilles des travailleurs, on sera là pour voir ce qui se passe et dénoncer des choses »

Pour atteindre cet objectif, il faudra a minima doubler le score obtenu en 2020 (133 voix, 2,5 % des suffrages), un défi que la candidate relève avec détermination.

Saint-Jean-de-Luz : l'envers du décor d'une ville riche

Saint-Jean-de-Luz en aurait bien besoin, selon la tête de liste, qui veut mettre un coup de projecteur sur l'envers du décor de cette station balnéaire réputée. « Même si c'est une ville riche, devenue cotée, il y a beaucoup de travailleurs de l'autre côté de la voie ferrée. Dans certains quartiers, des gens qui ont bossé toute leur vie sont à 900 euros de retraite. Comment vivre ? Comment se loger ? », interroge-t-elle avec inquiétude.

Les revendications de Lutte ouvrière apportent une réponse claire : « On demande une hausse significative des salaires. On ne peut pas vivre avec moins de 2 000 euros net par mois ». Point de propositions locales spécifiques en revanche. La station balnéaire sert surtout de vitrine à un projet plus global : « Il n'y aura pas de catalogue de promesses. On veut faire le lien entre ce qui se passe à l'échelle municipale et à l'échelle de la société tout entière ».

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Un projet global et international

Le projet défendu par Lutte Ouvrière est résolument global et international. L'actualité meurtrière en fournirait l'illustration cynique selon la candidate : « Le capitalisme est en crise. Pour continuer à faire des profits, les riches, cette classe parasite, vont aller manger dans l'assiette des autres. Pensez-vous que Trump ait quelque chose à faire de la population iranienne ? Il veut juste placer quelqu'un à sa botte. Pourquoi ? Pour le pétrole ».

Le climat planétaire gagnerait les esprits, de Paris à Saint-Jean-de-Luz, nourrissant une économie de la guerre jugée néfaste. « On voit qu'à France Travail, des consignes sont données pour guider les gens vers l'armée et la production d'armes. On était déjà de la chair à patron, on va devenir de la chair à canon », fustige la prétendante avec véhémence.

L'optimisme contre le fatalisme

Cette révolte permanente contre la marche du monde, Jacqueline Uhart ne la conçoit cependant pas de manière négative. « Votez LO, c'est un vote d'optimisme, de combativité et de conscience. Il n'y a pas de fatalité. Ce qui donne le moral, c'est d'essayer de comprendre comment fonctionne cette société et de savoir que c'est la classe ouvrière, et elle seule, qui a la possibilité de changer tout ça », explique-t-elle avec conviction.

Une liste de travailleurs diversifiée

« On est très fiers de notre liste, parce que ce sont tous des travailleurs, et des femmes et des hommes qui ne sont pas résignés », s'enthousiasme Jacqueline Uhart. Parmi les 33 noms réunis derrière la dénomination Le camp des travailleurs, on retrouve ainsi des métiers variés :

  1. Infirmier
  2. Aide à la personne
  3. Chauffeur de bus
  4. Manutentionnaire
  5. Enseignant
  6. Éducateur

« Et les origines sont diverses : Égypte, Maroc, Cameroun, Espagne, Portugal, Équateur », égrène la cheffe de file avec satisfaction. « C'est la diversité du monde du travail luzien », conclut-elle, soulignant ainsi la représentativité de sa liste qui reflète la réalité sociale de Saint-Jean-de-Luz.