Les réseaux sociaux sont des mines de bêtise, de haine et… d’intelligence. S’il y avait un prix de la meilleure pensée de la semaine, il faudrait le décerner à Jean-Louis Gerdes (@levercors), un soutien de David Lisnard, le maire de Cannes, qui a posté sur X : « Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on persiste à dire que la France est à droite. Pour moi, elle n’a jamais été aussi à gauche que maintenant. »
Un paradoxe français
Sophisme ? Pas sûr. Si la France peut sembler de droite d’un premier abord, l’honnêteté oblige à dire qu’elle penche aussi très à gauche : par exemple, selon un sondage Ifop de septembre dernier, 86 % des Français plébiscitent la très marxiste taxe Zucman instaurant un impôt de 2 % sur les revenus des plus riches, y compris les entrepreneurs – parmi ces partisans, on trouve 89 % des sympathisants de LR et 92 % de Renaissance. La désinformation à sens unique a payé. Qu’importe si cette nouvelle taxe est antiéconomique ou contre-productive, pourvu qu’elle apaise notre prurit égalitaire.
Le désenchantement d’un intellectuel
Symbolique est, dans ce climat, l’intention exprimée par Boualem Sansal de « s’évader » sinon de s’exiler d’une France qui vient à peine de l’accueillir. S’ils jugent ses habitants « adorables » quand il les croise dans la rue, il ne supporte pas la dictature de ceux qu’il appelle « les oligarques de la pensée », rongés par haine de soi et de l’Occident, qui n’aiment rien moins que la démocratie ou la liberté d’expression. À Paris, ils font souvent la loi, à l’image du multimillionnaire « très à gauche », actuellement en campagne contre les « riches », Matthieu Pigasse, actionnaire du Monde, journal qui a beaucoup sali l’ami Boualem.
La gauche peut-elle gagner en 2027 ?
Cette gauche qui, avec ses « collabos » de l’islamisme, a réussi à dégoûter Boualem Sansal peut-elle remporter la prochaine présidentielle ? C’est la grande question et la réponse n’est pas évidente. En principe, le vainqueur devrait être le représentant de ce qu’on appelle le « bloc central », autrement dit la droite et le centre, mais il est permis de penser qu’il pourrait ne pas accéder au rendez-vous : il est déjà acquis que pas moins de trois de ses chefs de file se présenteront au premier tour – par ordre alphabétique Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau. Suicide assuré s’ils persistent tous, tandis que d’autres impétrants comme Robert Ménard ou David Lisnard pourraient bondir à tout moment pour mettre tout le monde d’accord.
On ne peut donc exclure qu’un des candidats de la gauche accède au second tour. Ou bien Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois, le stratège le plus cynique et le plus doué, apparemment le mieux placé. Ou bien l’une des trois figures de la social-démocratie qui, pour l’heure, marchent ensemble : en tête de gondole, non dénué de talent mais bon vivant souvent sous-estimé pour cette raison, François Hollande avec Raphaël Glucksmann et Bernard Cazeneuve. Depuis l’élection européenne de 2024 et le score de Glucksmann, qui menait la liste socialiste avec Place publique (13,8 %), le PS a repris quelques couleurs. N’exagérons rien, mais bon, le ridicule ne l’a pas tué : il semble en avoir fini avec l’ère des scores minables des deux dernières présidentielles (6,3 % en 2017 et 1,7 % en 2022).
Les ambitions d’Olivier Faure
C’est dans ce contexte qu’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a sorti l’artillerie lourde. Pour avoir été pendant sept ans directeur adjoint de cabinet de Hollande, alors patron du parti, le croque-mort de la gauche ne lui pardonne pas tous les services rendus, tout comme Emmanuel Macron qui avait eu le même protecteur avant 2017. S’il ne parvient pas à se faire désigner lui-même, Faure entend bien mettre le candidat socialiste de 2027 sous tutelle. Tel est l’objet du projet socialiste qu’il a fait préparer : malgré son petit credo européen, c’est un retour au socialisme paléolithique. Éléfisé avec l’instauration, comme dans les pays musulmans d’un délit d’islamophobie ou de blasphème, contraire à notre tradition républicaine qui n’interdit pas de critiquer les religions (1). Fiscalophile aussi avec, cerise sur le gâteau, l’instauration de la taxe Zucman, qui finira de faire fuir les entrepreneurs qui croient encore en la France.
Alors que le pays décroche quand il ne s’appauvrit pas, le grand lestage est prêt : comme nos chefs d’entreprise, le candidat socialiste se retrouvera, s’il est élu, avec de gros boulets aux pieds et des blocs de plomb plein la cale. Or, comme dit le proverbe, qui fait souvent naufrage ne peut pas s’en prendre à la mer.
(Cf. L’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme)



