Laïcité à l'école : la campagne polémique du ministère de l'Éducation nationale
Laïcité : la campagne du ministère qui divise

Une campagne gouvernementale qui fait débat sur la laïcité

Le ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a lancé une nouvelle campagne de communication pour promouvoir la laïcité à l'école. Dévoilée lors de la conférence de presse de rentrée de Jean-Michel Blanquer, cette campagne doit être déployée sous forme d'affiches dans l'espace public et les établissements scolaires. Elle vise les élèves, leurs parents, le personnel éducatif et l'opinion publique en général.

Des critiques virulentes sur les réseaux sociaux

Dès jeudi, la campagne a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et dans les rangs des syndicats d'enseignants. Certains dénoncent une campagne "raciste", pointant du doigt les slogans et visuels utilisés. Une affiche montrant des groupes d'élèves d'origines variées avec le message "Permettre à Sacha et Neissa d'être dans le même bain. C'est ça la laïcité" est particulièrement critiquée.

Les détracteurs accusent le ministère de confondre laïcité et intégration, et de perpétuer des clichés. Stéphane Audebeau, du Snes-FSU, estime que "c'est très maladroit et cela laisse planer un manque de clarté par rapport à la conception de la laïcité". De son côté, Nicola Ribo (CGT Educ'action) critique une approche basée sur "des effets d'annonce et sans moyens derrière".

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La Vigie de la Laïcité monte au créneau

L'association la Vigie de la Laïcité, présidée par Jean-Louis Bianco, ancien président de l'Observatoire de la Laïcité, a vivement taclé cette campagne. Joint par France Inter, il s'étonne de ces affiches "hors-sujet", affirmant que "le rapport avec la laïcité est loin d'être évident quand on les voit et on lit leur message".

Il ajoute : "Ce sont surtout des jeunes issues de la diversité. On a l'impression que la laïcité est faite pour ceux qui ne sont pas 'Français de souche' comme on disait." La Vigie de la Laïcité dénonce une campagne qui "fait fausse route, en réduisant les enfants à leur appartenance religieuse qui serait implicitement devinée par leurs prénoms et/ou couleurs de peau".

Des réactions cinglantes sur Twitter

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont tout aussi sévères. L'utilisateur Rachid l'instit tweete : "Ne pas supposer que Neissa, Milhan, Aliyah, Malia, Tidiane, Imrane, Ismail, Elyjah, Kellijah et Inès seraient davantage concernés par les atteintes à la laïcité, en se basant sur leurs prénoms ou leur couleur de peau, c'est ça la laïcité."

Ellen Salvi ironise : "Et moi qui pensais que la laïcité, c'était la neutralité religieuse de l'État. Alors que c'est une histoire de prénoms en fait." Quant à Kaoutar Harchi, elle critique une conception de la laïcité "hantée par les fantasmes sociaux qui collent à la peau de certains membres de la population".

Cette polémique met en lumière les tensions persistantes autour de la laïcité à l'école et la difficulté de communiquer sur ce sujet sensible sans tomber dans des stéréotypes ou des maladresses. La campagne, bien que destinée à promouvoir un principe républicain, semble avoir exacerbé les divisions plutôt que de les apaiser.

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