Le Conseil d'État a rejeté, ce mercredi 30 avril 2026, le recours déposé par l'organisation antifasciste Jeune Garde contre sa dissolution prononcée par le gouvernement en janvier dernier. Cette décision met fin à l'espoir des militants de voir annuler une mesure qu'ils jugent liberticide.
Une dissolution contestée dès le départ
La Jeune Garde, groupe d'ultragauche connu pour ses actions coup de poing contre l'extrême droite, avait été dissoute en conseil des ministres le 15 janvier 2026, sur proposition du ministre de l'Intérieur. Le gouvernement justifiait cette mesure par la participation de l'organisation à des violences lors de manifestations, notamment celle contre le projet de loi immigration en décembre 2025.
Dès l'annonce de la dissolution, les avocats de la Jeune Garde avaient saisi le Conseil d'État en référé, arguant que la procédure était entachée d'irrégularités et que l'organisation n'avait pas été entendue avant la décision. Le 22 janvier, le juge des référés avait rejeté la demande de suspension, mais le fond du dossier restait à examiner.
Un recours examiné sur le fond
Ce mercredi, le Conseil d'État a statué sur le fond, estimant que la dissolution était justifiée au regard des éléments fournis par le ministère de l'Intérieur. Dans sa décision, la haute juridiction administrative a souligné que la Jeune Garde avait appelé à la violence contre les forces de l'ordre et participé à des actions dégradant l'ordre public.
Les juges ont également relevé que l'organisation avait un fonctionnement structuré et une idéologie radicale, ce qui la rendait assimilable à une milice privée. Pour le Conseil d'État, la dissolution ne porte pas une atteinte disproportionnée à la liberté d'association, compte tenu de la menace que le groupe représente pour la sécurité publique.
Une décision qui fait réagir
La décision du Conseil d'État a suscité de vives réactions dans le camp de la gauche radicale. Plusieurs personnalités politiques, dont le député LFI Jean-Luc Mélenchon, ont dénoncé une "dérive autoritaire" et promis de soutenir les militants de la Jeune Garde dans leurs actions futures. Des manifestations ont été annoncées pour le week-end prochain à Paris et dans plusieurs grandes villes.
De son côté, le ministre de l'Intérieur s'est félicité d'une décision qui, selon lui, "conforte l'État de droit". Dans un communiqué, il a rappelé que la dissolution est une mesure exceptionnelle mais nécessaire face à des groupes qui prônent la violence politique.
La Jeune Garde, créée en 2021, revendiquait environ 300 membres actifs. Depuis sa dissolution, certains de ses anciens militants ont annoncé la création d'un nouveau collectif, baptisé "Héritage", qui pourrait faire l'objet d'une surveillance accrue des autorités.



