Dominique de Villepin, qui prépare une candidature à l’élection présidentielle de 2027, a reçu en cadeau lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères deux statuettes valant plusieurs dizaines de milliers d’euros par l’intermédiaire du lobbyiste Robert Bourgi, selon l’émission Complément d’Enquête. L’horizon politique de Dominique de Villepin s’obscurcit-il, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027 ? Dans un épisode de Complément d’enquête diffusé ce jeudi 29 avril, le sulfureux lobbyiste Robert Bourgi affirme lui avoir fait remettre deux statuettes de Napoléon d’une valeur totale de 125 000 euros au début des années 2000, alors qu’il dirigeait la diplomatie française.
Des cadeaux de 75 000 et 50 000 euros
Robert Bourgi, figure de la Françafrique, indique que l’une avait été offerte en 2002 par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, l’autre par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Elles ont été achetées pour respectivement 75 000 euros et 50 000 euros par ces deux hommes, selon des factures publiées par l’émission de France 2. Ont-ils été offerts en échange d’un service ? Même s’il n’était pas, à l’époque, interdit d’accepter de tels présents, les sommes interrogent.
Villepin se dit prêt à rendre les statuettes
Dominique de Villepin confirme qu’il s’agit de cadeaux payés par Robert Bourgi mais assure qu’il n’aurait jamais accepté ces objets s’il avait connu leur provenance et se dit prêt à les rendre. Après l’interview, l’ancien Premier ministre a précisé à nos confrères que la facture à 75 000 euros ne correspondrait pas au buste de Napoléon. Une affirmation que contredit la direction de la galerie de Souzy. Cette dernière garantit hors caméra à Complément d’enquête que les factures sont authentiques, qu’elles correspondent aux œuvres et qu’elles ont été réglées par le président du Burkina Faso et Gian Angelo Perrucci, au prix du marché.
Un écran de fumée pour faire obstacle à la présidentielle ?
Son entourage a dénoncé auprès de l’AFP un écran de fumée propagé par un fidèle relais de Nicolas Sarkozy connu pour ses récits changeants et ses coups tordus, l’ancien président étant un éternel rival de Dominique de Villepin. Personne n’est dupe des manœuvres d’un clan au bord de l’effondrement judiciaire et politique, a ajouté cette source, soulignant que cette prise de parole survient en plein procès en appel sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
Robert Bourgi assure dans Complément d’Enquête que l’ancien président n’a rien à voir avec ces nouvelles révélations. Le sulfureux avocat admet néanmoins en vouloir à Dominique de Villepin en raison de propos tenus au moment de l’incarcération de Nicolas Sarkozy l’an dernier et vouloir tout faire pour l’empêcher d’aller à l’Elysée. S’il n’est pas encore officiellement candidat pour l’élection de l’an prochain, l’ancien Premier ministre chiraquien ne cache pas ses ambitions présidentielles.
Un homme de l’ombre bien connu de la justice
Le nom de Robert Bourgi est associé à l’affaire des costumes de luxe qui avait contribué à couler la campagne présidentielle de François Fillon en 2017. Robert Bourgi lui avait offert pour 13 000 euros de costumes, éveillant des soupçons de trafic d’influence qui ont finalement débouché sur un non-lieu. Homme de l’ombre des réseaux politico-financiers de la France dans des anciennes colonies, Robert Bourgi avait aussi assuré, en 2011, avoir apporté à Jacques Chirac et Dominique de Villepin des valises de billets en provenance de pays africains entre 1997 et 2005. Une enquête avait été ouverte puis classée sans suite en novembre 2011. Dominique de Villepin affirme dans Complément d’enquête que ce récit parfaitement farfelu est l’œuvre d’un merveilleux conteur.



