Dans une tribune récente, Boris Vallaud, député et figure du Parti socialiste, livre une critique acerbe du néolibéralisme d'inspiration hongroise. Il dénonce une dérive autoritaire et ultralibérale qui, selon lui, menace les fondements de l'État social en France.
Une inspiration hongroise contestable
Boris Vallaud s'attaque à la politique économique menée par Viktor Orbán en Hongrie, qu'il qualifie de « néolibéralisme autoritaire ». Il estime que ce modèle, fondé sur la réduction des dépenses publiques et la flexibilisation du travail, ne saurait être une source d'inspiration pour la France. Au contraire, il appelle à une « démarchandisation » des services publics et des droits sociaux.
La démarchandisation comme alternative
Le concept de démarchandisation, emprunté au sociologue danois Gøsta Esping-Andersen, désigne le processus par lequel les individus sont protégés des forces du marché. Pour Vallaud, il s'agit de réaffirmer la primauté du politique sur l'économique, en garantissant l'accès universel à la santé, à l'éducation, au logement et à la protection sociale. Il critique vivement les réformes qui transforment les citoyens en consommateurs de services publics.
Vallaud pointe du doigt les conséquences sociales du néolibéralisme : précarisation, inégalités croissantes, affaiblissement des services publics. Il plaide pour une économie au service de l'humain, et non l'inverse. Cette vision s'oppose frontalement aux politiques menées par le gouvernement actuel, qu'il accuse de s'inspirer du modèle hongrois.
Une réponse à la crise démocratique
Pour le député, la démarchandisation est aussi une réponse à la crise démocratique. En redonnant du sens à l'action publique, elle permettrait de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions. Il invite la gauche à se rassembler autour de ce projet, pour offrir une alternative crédible au libéralisme et à l'extrême droite.
Cette tribune s'inscrit dans un débat plus large sur l'avenir du modèle social français. Alors que les échéances électorales approchent, Boris Vallaud espère ainsi peser sur le débat public et convaincre de la nécessité d'une rupture avec le néolibéralisme.



