Mardi 28 avril, la réunion du Conseil municipal trélissacois avait pour thème principal le budget primitif 2026. Alors que les deux camps reconnaissent qu'il comporte beaucoup de projets lancés par la précédente majorité, cette dernière, passée dans les rangs de l'opposition, a voté contre. Six voix contre. Cela n'a pas empêché le Conseil municipal de Trélissac (Dordogne) d'entériner son budget primitif 2026, mais cela interpelle.
Un budget de transition revendiqué par le maire
Éric Fallous, le nouveau maire, n'en revendique pas totalement la paternité. Parlant de « budget de transition », il reconnaît avoir repris en partie la feuille de route de la précédente majorité et d'y avoir inclus ses « priorités de programme » électoral. Des priorités qui ne conviennent pas toutes au groupe d'opposition, ex-majorité sortante.
Des projets communs et des divergences
Les deux camps se rejoignent sur plusieurs points, notamment le projet de construction d'un gymnase du côté du parc du château Magne, qu'ils souhaitent voir jumelé à l'installation d'une crèche par le Grand Périgueux au même endroit afin de « permettre la mutualisation de moyens ». Ils s'accordent aussi sur la pose de panneaux photovoltaïques sur le foyer et l'école Émile-Zola.
À cela, l'équipe d'Éric Fallous ajoute trois grands chantiers principaux : la rénovation des écoles pour 243 000 euros - en particulier celle des Romains où un chantier de désamiantage est annoncé très prochainement - ; la voirie pour 681 000 euros, notamment la réfection de la route de la Jarthe « qui semble avoir vécu la guerre », commente le maire ; et la rénovation de l'église en ruine pour 460 000 euros. Le tout « sans emprunter » un centime et pour un budget primitif total s'élevant à 15,5 millions d'euros, hausses de charges courantes comprises.
Le projet controversé de l'avenue Michel-Grandou
Reste un point d'achoppement, un projet à moyen terme porté par la nouvelle municipalité : la fluidification de l'avenue Michel-Grandou. « Ça fait trente ans que cette avenue est une catastrophe. Trente ans qu'on parle de la désengorger », note Éric Fallous. L'idée de la Ville de Trélissac est de mettre au point « une route parallèle » de la rue des Digitales « vers le Leclerc ». Mais cette route, selon l'élu d'opposition Olivier Georgiadès, « passerait au niveau du bâtiment des sœurs de la congrégation de Sainte-Marthe » et « défigurerait ce très beau site ». « Peut-être qu'elle passera plus haut, peut-être qu'elle passera plus bas… Je ne peux pas vous dire où elle va passer. Si vous le savez, tant mieux pour vous », lui rétorque le premier magistrat.
Tensions et démission de l'ancien maire
Entre les deux anciens rivaux des urnes, la tension est palpable. « On aurait aimé avoir le détail des projets d'investissement plus tôt », pointe Olivier Georgiadès au milieu d'autres remarques. « Vous retrouvez énormément de points que vous connaissiez d'avant. […] Je ne comprends même pas pourquoi vous ne voulez pas le voter [ce budget]. » À Trélissac, on n'a pas fini de compter… les points.
Démission de Francis Colbac
En début de séance, a été annoncée la démission de l'ancien maire historique de Trélissac, Francis Colbac, qui ne siégera donc pas dans les rangs de l'opposition. « On s'y attendait », confie Olivier Georgiadès qui avait été adoubé pour prendre sa suite lors des élections municipales de 2026. Sans pouvoir pour autant donner de raison officielle, l'élu évoque l'état de santé de l'ancien édile et la défaite encaissée par sa liste, en mars dans les urnes, qui l'aurait « beaucoup affecté ».



